SCENE IV
LEANDRE, ISABELLE
LEANDRE
AH ! charmante Zisabelle, qu'ai-je appris, qu'ai-je surpris, qu'ai-je compris!
qu'ai-je oui ! ou plutôt malheureux infortuné, qu'ai-je vu, qu'ai-je sçû! qu'ai-je entendu !
ISABELLE
Zil n'est que trop vrai, cher Liandre.
LEANDRE
Quoi zon va sacrifier vos charmes, et votre Zembonpoint za un inconnu! je ne le souffrirai point. Que je sois plutôt écartelé sous la foudre. Vous serez ma Percée, et je serai l'Andromaque qui vous délivrera des bras de ce monstre, fut-il plus fort qu'un Caton,
3o8 L'Amant
je lui plongerai mil et mil fois mon épéezau travers du corps, zeu-t-il autant de bras que brioché.., (Leandre se mouché) je m'en vengerai où zil me sera l'impossible. A quelle extrémité me réduis-tu vieux Cassandre!
sera-t-il dit non, il ne sera point dit
qu'un gentilzomme comme moi, et qui doit zentrer dans le service des troupes du Roi, z'en ait le démenti. Non morbleu, non ventreb
Ne vous échauffez pas tant Liandre, je crains VOS vivacités.
Ne craignez rien, Mamselle ma maîtresse, ce seroit, comme dit l'autre, retomber de Glarice en Cinna. J'irai trouver Monsieur votre père, et lui dirai tout doucement que cela ne nous convient point, et je l'engagerai par menaces à penser différemment, car zil ne peut sans injustice* vous forcer d'adopter zun homme qui peut dans la suite vous induire, et vous insinuer dans l'adultère, ce qui seroit le non pus urra.
ISABELLE
Ah cher Liandre, nonce pul ulra; cela ne signifie-t-il pas, respect de la compagnie, être grosse d'enfant.
poussif. Sog
LEANDRE
Vous l'avez dit, Mamselle, et vous expliquez le Latin tout de même comme celui qu'il Ta fait, et certes c'est pour za l'égard de votre secte avoir zeu une belle inducation; mais j'aperçois Gilles, comme il est votre parain, zil est juste qu'il nous aide dans nos besoins.