SCENE PREMIERE, LEANDRE, ISABELLE
QUOI ! charmante z'Isabelle, j'apprens que ^vous allez t'épouser Monsieur Cassandre. Où est la foi que vous m'avez promise.^ Où est l'amour, où est le bien que vous me portiez?
Taisez-vous donc, mon cher Liandre, si vous ne voulez t'empêcher mon établissement ; car entin je vous aime plus que lui, mais il a plus de moyen que vous.
Leandre
LEANDRE
Mamselle, tout cela z'est bel et bon, mais enfin il vaut mieux faire plaisir d'un pied à une honnête personne, que d'un doigt à un sot et à un vieux comme il est.
ISABELLE
Mais vraiment, mon cher Liandre, je sens bien ce qu'en vaut Taune. Aussi ce n"est point la badinerie qui me fait prendre le parti, c'est l'envie d'avoir de quoi, je compte bien toujours vous voir.
LEANDRE
Non, Mamselle, je ne veux point que vous soyez Madame Cassandre. Je veux moi même faire votre fortune, et il ne sera pas dit que l'on m'aura passé le bec par la plume.
ISABELLE
Mais, mon Père, charmant Liandre, que dira-t-il ?
LEANDRE
J'aurai toujours pour sa personne beaucoup de considération, mais je lui donnerai vingt coups de pieds dans le ventre, s'il ne fait pas ce je veux.
ISABELLE
Vous êtes assurément bien le maître de faire ce qu'il vous plaira, si vous croyez que ce soit pour le mieux.
Fiacre. 23
LEANDRE
Je sçais que Monsieur Cassandre va venir pour vous épouser, faites comme si de rien n'étoit et laissez-moi faire.
ISABELLE
Oui, mon cher z' Amant, vous ferez toujours comme vous voudrez et tant qu'il vous plaira.