‹ Théâtre des boulevardsChapitre 50 sur 156 · SCENE IL CASSANDRE, ISABELLE · texte numérisé non relu

SCENE IL CASSANDRE, ISABELLE

ISABELLE

Ub quoi qui gnia, mon cher mari ?

CASSANDRE

Approche, vien petit toutou de mon ame, sucre candi de mon amour, jus de reglisse de mes plaisirs.

ISABELLE

Bon ! comment cela se peut-il ! vous vous excusez toujours sur ce que c'est ce qui vous enrliume.

CASSANDRE

Va, va, ma Séraphine, cela reviendra quelqu'un de ces jours. A mesure que ma tête blanchit, je sens que mon amour s'étend et s'accroît pour toi.

ISABELLE

Oui-dà, il traînera bientôt.

CASSANDRE

Baise-moi, ma petite poulette, avance ton petit museau friponnet, do-do-donne la bé- 9uée à ton franc moineau.

114 ^^' deux' Doubles,

ISABELLE

Celui-là n*a pas la gorge noire.

CASSAHDRS.

Je ne te £ats toutes ces petites mignardises, ma bel lotte, que pour te consoler par avance de la nouvelle désagréablement fâcheuse qu^il faut que je t^annonce, je suis douloureusement obligé, par une obligation nécessairement essentielle, de te laisser toute seule cet après-midi.

ISABELLE

Hélas! ce sera tout comme quand vous y êtes, je m'occuperai toute seule en vous attendant, vous sçavez si je suis de ces femmes qui ne sçavent que faire de leurs dix doigts.

CASSANDRB.

Là, là, ne ments points, tu y pers : car nous aurions, à not* ordinaire, joué à cent petits jeux.

ISABELLE

Bon! j'y gagne beaucoup : quand nous jouons, vous ne mettez jamais au jeu.

CASSANDRE

J'y mettrai, j'y mettrai avec de la patience.

■Les deux Doubles» ii5

ISABELLE

Oh! je n*ai jamais impatienté personne.

CAS8ANDRE

Adieu y adieu y ma mignonne^ jusqu*au revoir,

ISABELLE

Vous ne reviendrez donc pas coucher i

CASSANDRE

La peste ! coquinette, que je n'ai garde de te faire ce tort là. Tu sçais bien que je ne découche pas.

ISABELLE seule.

Cependant vous n^en couchez pas davantage.

CASSANDRE

Encore une fois adieu, pouponne, ne songes qu*à t*amuser, et à rire toute seule pendant mon absence.

Page 1