SCENE IV
CASSAND&B seul.
ME voici parfaitement déguisé, et mon compère Leandre n'ayant pas d'autre habit que son habit des Dimanches, il me l'a prêté : il me va comme une peinture ; et ce quHl 7 a de plus singulièrement extraor-> dinaire, c'est qu'avec ce nouveau vêtement, je me sens une vigueur tout-à-fait vigoureuse. Bon, tant mieux, pourvu que cela dure. C'est une admirable chose que la jeunesse.; et ce qui m'a toujours fâché, c'est qu'on ne soit plus jeune quand on est vieux. Où est le tems, où lorsque je disois à une Belle : Ma Divinité, est-il bien vrai que vous n'ayez encore jamais aimé ? On me répondoit: Vous allez voir. Monsieur, et c'étoit par les signes les plus sensibles qu'on prétendoit m'en persuader. Où est ce tems, où par une entreprise généreuse, je ne voulois pas qu'aucune partie du monde ^échappât à ma vigoureuse curiosité, et où je faisois venir pour moi tout seul une pacotille de Négresse du fonds de l'Amérique. Quoi qu'il en soit, n'en parlons plus, songeons uniquement à sonder ma femme.
ii8 Les deux Doubles,