M. ARTHUR PONROY
MT JVAi 171 WA M
A MADAME LA Csse JOSÉPHINE CERUTTI DE CASTIGLIONE
Madame ,
Si j’avais un souci sérieux de ce que j’ai entendu nommer parfois les attitudes littéraires, je ne publierais pas cet opuscule. Cette rapide erreur d’une plume distraite n’a aucun mérite à mes yeux. Je vous remercie pourtant, Madame, d’en avoir accepté la dédicace : car, si je n’ai guère d’estime pour cet humble petit proverbe, j’avoue que je l’aime à cause des excellents et précieux souvenirs qu’il a déposés dans mon âme.
Vous le savez bien, Madame , les deux peuples de ce pauvre vieux globe terrestre que j’aime le mieux après la France, c’est l’Italie et la Russie. J’ai pour cela mille raisons majeures que j’aurai occasion de développer en leur temps et en leur lieu.
Or, demandé par une bouche italienne , applaudi par des mains russes, mon pauvre proverbe m’est déjà deux fois cher.
J’irais plus loin dans l’histoire de cette piécette, qui fut presque nôtre, si mes souvenirs à ce sujet n’étaient voilés par des larmes.
Permettez-moi donc de vous reporter, Madame, quelque chose de la douceur des souvenirs, et même une certaine part de la responsabilité littéraire. Cette bluette dut être conçue, agencée, écrite, apprise et répétée, en quelque chose comme deux fois vingt-quatre heures... C’était à peine possible, mais cela ne laissa pas d’être... puisque vous l’aviez ordonné.
Veuillez agréer, Madame,
L’assurance des sentiments respectueux et empressés De votre tout dévoué serviteur,
Arthur Ponroy.
an ria ai raitas