‹ Théatre du Figaro. Avec un rideau dessiné (volume 3)Chapitre 11 sur 74 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LANDRY, revenant vers Bourdensac, qui est resté appuyé contre une home, — Bourdensac, mon ami, tout est fini, tout est arrangé. Venez.

DE BOURDENSAC. — Mé...lanie ? où est Mêla... nie?

LANDRY. -- Mélanie est partie. Celait une personne indigne de vous, Bourdensac. Donnez-moi votre bras.

DE BOURDENSAC. — Je veux tuer... Mélanie.

LANDRY. — Oui, nous luerous Mélanie; c'est convenu. [A part.) Dans quel état, grand Dieu! Sa voix en est

toute changée. (Haut,) Voyons, mon cher Bourdensac, du calme. Votre bras, là. 11 s'agit de ne pas manquer le chemin de fer.

DE iiouRDENSÀC. — Je tuerai Hé...lanie!

L\]NDRY. — Parbleu! je Tentends bien de la sorte. {A part.) Un homme de son rang, s'enivrer à ce point; c'est inimaginable. (Haut,) Allons, relevez-vous, Bourdensac. Ne craignez pas de vous appuyer sur moi... comme cela... bien!

DE BODRDENSAc. — Yous êtcs uu bou jcunc hommc, vous; je ne vous connais pas, mais vous êtes .. un bon jeune homme.

LAiNDRY. — Comment! vous ne me reconnaissez pas? C'est moi, Landry, moi... vous savez, Landry... les mille écus... demain...

DE BouRDEHSAC. — Mille écus, je veux bien... pour Hélanie.

LAiNDRY, à part. — C'est étonnant ! on dirait une autre voix... [Haut.) Bourdeiisac, vous m'effrayez; je crains que vous n'ayez été victime de quelque guet-apens. Répondez-moi : votre portefeuille, l'avez-vous toujours?

DE BODRPE.NSAC. — Pas de portcfeuille . . . le portefeuille c*t moi, brouillés à mort... rincé le portefeuille... perdu dans les révolutions !

LA^DRY, troublé. — Vous voulez plaisanter, sans doute, Bourdensac?

DE BOURDENSAC. — Jc nc plaisaute qu'avec Mélanie...

3i THEATRE DU FIGARO

parce que Hélanie... vous comprenez, n'est-ce pas?

LAKDRT. — Oui, Bourdensac.

DB BODRDEHSAC. — Pourquoi m*appelez-vous toujours Bourdensac?

LANDRY. — Hein?

DE BOURDENSAC. — Jc M resscmble, c'est vrai... on me l'a déjà dit. . . mais je suis mieux.. . infiniment mieux. Allons au chemin de fer.

LANDRY, lui lâchant le bras. — Vous ne seriez pas Bourdensac?

DE BOURDENSAC. — Jamais... moi, Ëdgard.

LANDRY. — C'est impossible! [Il cherche à V amener sous un réverbère,)

LE FAUX BOURDENSAC. — Mais si Cela vous fait plaisir, appelez-moi Bourdensac tant que vous voudrez... ne vous gênez pas. Je m'y ferai.

LANDRY, r examinant de très-près. — Miséricorde! ce n'est pas lui, en effet... et j'ai suivi cet ivrogne pendant douze heures!... Oh!

LE FAUX BOURDENSAC. — Appclcz-moi Bourdcusac, ou je croirai que vous êtes fâché. ^

LANDRY, hors de lui. — Va -t'en au diable ! (Il se sauve da7U la direction du chemin de fer.)

LE FAUX BOURDENSAC. — Moi, Edgard.

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