DE SAUT-JULBS A ENGOULEVENT
« Paris, le 8 août 1850.
(( Monsieur, « Je ne puis faire autrement que d'accepter les étranges conclusions de \olre dernière lettre. Vous me permettrez cependant de vous en renvoyer quelques termes. — Vous prétendez que, par ma demande d'un délai de trois mois, je vous ai porté un préjudice de diverses sortes. Comptez-vous donc pour rien, monsieur, les désordres profonds dont mon existence se ressent aujourd'hui? J'étais, il y a trois mois, un honnête négociant ; vous avez fait de moi un libertin. J'ai des maîtresses et je n'ai plus d'argent. Je ne vous parle pas de ma santé compromise dans de nombreux adieux au monde, adieux désormais entachés de ridicule par votre détermination. Je vais ressembler à ce monsieur qui, après avoir pris congé d'une compagnie, rentre un quart d'heure après au salon en disant qu'il a oubUé sa canne. Préparé à la mort, comme je l'étais, vous me rejetez dans la vie. Croiriez- vous, par hasard, me rendre service?
« Vous avez«détruit mou avenir, au besoin, je pourrais vous demander de me faire une rente. J'espère, du moins, que vous aurez la délicatesse d'acquitter la noie ci-incluse.
« DOIT M0!(6IEDR SAIXT-JCLES A GATECHAIR, PROFESSEUR d'eSCRIME l
« Trois mois de leçons ordinaires et extraordinaires,
tanl de jour que de nuit 500 fr.
« Un mois supplémentaire 200
a Fourni à H. Saint-Jules une paire de fleurets, un masque, un gilet, des gants, des sandales, le tout en première qualité 103
800 fr.
V Dans cette espérance, monsieur, je consens encore à vous saluer.
« Saikt-Jdles. p