DISTINCTIONS
11 y a suiveur et suiveur.
N'est pas suiveur :
1^ L'homme qui suit sa femme ou sa mailrcsse pour se convaincre d'une infidélité ;
2® Celui qui suit une fois par hasard, — pour voir ce que c'est, — et qui r.e suivra plus ;
5*» Le flâneur.
Je n'ignore pas que ce dernier a. cependant des prétentions à être suiveur. Erreur énorme autant que risible! Le flûncur est précisément l'antipodA du suiveur; — un rien l'arrête et le distrait : un embarras de Yoi-
tores, une vente à la criée, une atlGche qu'on pose, un ami qui lui serre la main, un bouton de son gilet qui saute, une révolution qui passe. U perd à chaque minute Tobjet qu'il suit — ou plutôt qu'il croit suivre.
Le vrai suiveur ne connaît ni rencontres ni obstacles. Dès qu'il suit, il ne s'appartient plus. Il va, les jeoi fixés sur le but, roulant à travers la foule, se glissant comme par miracle entre deux roues de coupés, ne rendant aucun salut, inaccessible à la surprise, à la pitié, à l'enthousiasme; pardonnant à ceux qui coudment, et coudoyant sans oflKr d'excuses. Il est l'image du destin.