‹ Théâtre du Petit Château. IllusChapitre 20 sur 90 · I.a scène représente le cabinet de travail de la princesse · texte numérisé non relu

I.a scène représente le cabinet de travail de la princesse

FRITZ,, parcourant l'appartement, un plumeau à la main.

Voyons si tout est bien en ordre. C'est donc aujourd'hui que revient notre bonne petite princesse Marie! Princesse tant que l'on voudra, ce sera toujours la chère enfant de son vieux père nourricier. Dire que je l'ai tenue toute petite et pleurante dans mes bras, et que mainte-

nant la voilà qui va régner en souveraine sur la principauté! Fritz, mon a ni, c'est absolument comme si tu

étais prince pOUr ton COmpte. (Regardant, à un fauteuil.) En

attendant, voilà uns dentelle qui est de travers. Allons, mon prince, faites votre métier, (n redresse ia dentelle.) Ah ! quelle joie! je crois que je vais déraisonner, (n saute en

l'air.)

LE BARON, entrant.

Eh bien, Fritz! quelle mouche te pique? est-ce que tu perds la tête?

FRITZ, gaiement.

Oui, monsieur le baron, je la perds un peu. Je pense à mon enfant que je n'ai pas vue depuis cinq ans et qui va arriver.

LE BARON

Ton enfant! Fritz, mon cher, ceci passe toutes les bornes. L'auguste princesse, dont tu ne devrais prononcer le nom qu'avec une respectueuse déférence, n'est pas ton enfant. Je t'invite formellement à ne pas l'oublier. C'est qu'en vérité on ne respecte plus rien. Yoilà un gaillard qui s'asseoit sans façon sur les marches du trône, son plumeau à la main. Si l'on joue ainsi avec les princes, que fera-t-on des ministres? Il n'y aura bientôt plus moyen de gouverner.

FRITZ

Ce n'est pourtant pas ma faute si je l'aime comme mon enfant ! On ne pourra pas m'ôter cela du cœur.

LE BAROX.

Fais de ton cœur ce que tu voudras; on n'y peut rien. Mais, pour Dieu! veille sur ta langue. Tu compromets plus de choses que tu ne crois en parlant avec cette familiarité de Son Altesse.

FRITZ

Avec tout cela, Son Altesse a bavé plus d'une fois sur mon gilet des dimanches, du temps que j'allais voir ma pauvre défunte au palais, quand elle était sa nourrice. On ne me défendait pas de l'appeler mon enfant dans ce temps-là.

LE BARON

Bon! voilà qu'il vient me dire qu'elle a bavé! Malheureux! oses-tu bien parler ainsi de la fille d'un héros?

FRITZ

Un héros! J'ai vu son père au feu dans nos guerres, et il ne bronchait pas, c'est vrai. Mais j'y ai été, moi, au feu, un peu plus souvent que lui, sans lui faire de tort, et je ne bronchais pas non plus. Si je mens, vous pouvez le dire, monsieur le baron, vous y étiez à côté de moi. Avec

moi, elle est encore la fille d'un héros, si vous voulez parler de cela.

LE BARON

On voit bien que le drôle a été prisonnier des Français : il ne s'en est pas encore guéri. Comment peux-tu comparer ? Crois-tu donc qu'un prince doive se mettre sur le passage des balles, comme un soldat?

FRITZ

C'est que c'est là précisément ce qui est héroïque, monsieur le baron.

LE BARON

Oh! je sais bien que je n'aurai pas le dernier mot avec lui. La princesse et sa mère l'ont gâté. Sans tant de raisons, je te défends de manquer de respect à Son Altesse.

FRITZ

On ne peut pas manquer de respect aux gens quand on est prêt à mourir pour eux, monsieur le baron.

LE BARON

C'est bon. Parlons d'autre chose. Tous les grands officiers de la couronne sont-ils réunis dans la salle du trône ?

FRITZ

Oui, monsieur le baron.

LB BARON

Sais-tu si l'on a exécuté mes ordres pour les arcs de triomphe ?

FRITZ

Ils sont terminés depuis hier.

LE BARON

La garde de Son Altesse est-elle sous les armes ?

FRITZ

Les hommes sont à cheval. On n'attend plus que vous.

LE BARON, regardant à sa montre.

Dix heures moins un quart! Les équipages de Son Altesse ne doivent arriver qu'à midi. J'ai encore le temps. Laisse-moi, Fritz, et va prévenir que je suis là. (Le baron va

s'asseoir à un bureau chargé do papiers.) JetOnS UI1 dernier COlip

d'œil sur les papiers que je dois présenter d'abord à la princesse, (n feuillette une liasse de papiers.) La liste des présentations! Les trois lettres d'hier! c'est bien, tout est là. Repassons encore une fois le discours que je vais prononcer tout à l'heure. Je puis me vanter d'y avoir mis toute

ma rhétorique. (Il tire un papier de sa poche et lit.)

« Auguste Princesse, « Les cœurs de vos fidèles sujets débordent de joie en

« revoyant, après une si longue absence, leur bien-aimée « souveraine. »

C'est vrai, pourtant, que mon vieux cœur est dans l'allégresse, et si je me laissais aller, j'en dirais autant que cette mauvaise tête de Fritz. C'est aussi mon enfant, à moi. Son père me l'a confiée toute petite, en mourant, et depuis quinze ans que j'administre ses États, j'ai toujours devant les yeux ce moment qui est enfin arrivé, où je vais remettre entre ses mains les rênes du gouvernement. Oh ! ce sera bien sûr une bonne princesse ! Si douce, si aimante! trop bonne seulement. Je tremble qu'elle ne sache pas tenir son rang. Encore, si j'avais pu la garder jusqu'au dernier moment auprès de moi, je l'aurais formée. Mais sa mère, il y a cinq ans, a exigé à son lit de mort qu'on l'envoyât jusqu'au jour de sa majorité auprès de sa tante, la chanoinesse de Quedlimbourg, et j'ai pu à peine m' échapper cinq ou six fois pour aller la voir. Elle a des idées bien singulières, la bonne chanoinesse ! Si on l'écoutait, je crois en vérité que du haut en bas de la société on vivrait de pair à compagnon, et notre bonne petite princesse est bien capable de l'avoir écoutée. Chère enfant, va, je veillerai sur ta dignité. C'est qu'elle a une manière si douce de vous regarder qu'on s'abandonnerait, Dieu me pardonne ! si l'on ne connaissait pas son devoir. Il me semble que je l'embrasserais de si bon cœur tout à l'heure, si j'osais. Bon! voilà que je déraisonne comme

ce vieux fou de Fritz. Repassons mon discours, cela vaudra mieux. Aussi bien le temps se passe, et il me reste à peine

Un quart d'heure. (Reprenant son papier.)

« Auguste Princesse,

« Les cœurs de vos fidèles sujets débordent de joie en « revoyant...

FRITZ, entrant.

Monsieur le baron, il y a là une dame qui demande à vous parler.

LE BARON

Je n'y suis pour personne. Gomment se fait-il?... J'avais donné les ordres les plus sévères...

FRITZ

Je ne sais pas comment cela s'est fait, monsieur le baron ; elle a forcé toutes les consignes. Elle dit qu'elle veut vous voir, et elle dit cela d'un air qui vous ôte toute envie de résister.

LE BARON

C'est un peu peu fort! Dans un moment comme celui—ci! Je VaiS... (Il se lève et laisse tomber son discours).

LA PRINCESSE entrant. (Costume de voyage. Elle relève son Toile.)

Eh bien, baron, vous aussi ? On a bien du mal à rentrer chez soi.

LE BARON

Quoi! princesse! vous! à cette heure! toute seule! et toute la résidence qui est sur pied, pour vous recevoir aux portes!

LA PRINCESSE

Je me doutais de cela. J'ai pris les devants, (so tournant

vers Fritz qui est resté ébahi, les bras pendants) Eli bien, mon boiî

Fritz, c'est là tout ce que tu dis à ta petite Marie? (Eiie lui saute au cou et l'embrasse). Et moi qui me réjouissais tant de te revoir !

FRITZ, pleurant.

0 chère, chère petite Marie! vous n'avez pas oublié votre vieux Fritz! Et dire que je ne vous reconnaissais pas ! Comme vous voilà grande et belle ! Vous aviez encore l'air d'une enfant quand vous nous avez quittés.

LA PRINCESSE, au baron.

Et vous, baron, le fidèle gardien de ma jeunesse et de mes États, ne voulez-vous pas m'embrasser? (bii«

l'embrasse.)

LE BARON, troublé.

Oh! princesse, princesse, je vous en supplie, ne faites pas cala. Respectez la distance qui nous sépare.

LA PRINCESSE

La distance qui sépare une petite fille de vos cheveux

blancs! Ce n'est pas aimable, baron, de me

rappeler

cela.

LE BARON

Vous ne me comprenez pas. Accordez-moi

la faveur

d'un moment d'entretien.

LA PRINCESSE

Volontiers, (a Fritz.) Fritz, laisse-nous seuls un instant.

Je te rappellerai tout à l'heure.

FRITZ

Quoi ! déjà? A peine si j'ai eu le temps de vous voir.

LA PRINCESSE, le conduisant à la porte.

Va, mon pauvre Fritz, ce ne sera pas long,

et nous

Causerons ensuite. (Elle 6te son manteau et se met dans un fauteuil.)

Eh bien, baron, je suis à vous.

LE BARON, s'avançant devant le fauteuil.

Que Son Altesse daigne me prêter la plus

sérieuse

attention.

LA PRINCESSE

Oh! oh! quelle solennité! Il paraît que c'est grave.

J'espère bien, mon cher baron, que vous allez vous

asseoir.

LE BARON

Devant Son Altesse, jamais!

LA PRINCESSE, allant à lui, et le mettant dans un fauteuil.

Voulez-vous bien vite obéir, vilain rebelle ! Là, maintenant je vous prête la plus sérieuse attention.

LE BARON, avec un geste de désespoir.

Vous m'avez tout troublé, méchante enfant! Je ne sais plus que dire maintenant, et pourtant il y va de l'avenir de tout votre règne.

LA PRINCESSE

Du moment que vous me dites : méchante enfant! je vous écoute. Mais laissez là Son Altesse.

LE BARON

Et c'est justement là ce qu'il ne faut pas laisser, ni moi, ni vous. Comment voulez-vous que vos sujets prennent votre rang au sérieux si vous ne le prenez pas vousmême ?

LA PRINCESSE

Et qu'ai-je donc fait, bon Dieu?

LE BARON

Quoi ! sauter au cou de ce vieux serviteur qui tout à l'heure époussetait lés meubles, le reconduire à la porte, ce que vous ne devez faire que pour une Altesse ; et, s'il faut parler de moi, me mettre de vos mains augustes dans un fauteuil, comme une petite bourgeoise qui fait

LES RICOCHETS Ri

les honneurs de son salon : eit-ce là une conduite digne de vos ancêtres?

LA PRINCESSE

Ah ! les petites bourgeoises font asseoir les vieillards devant elles, et mes ancêtres se voileront la face si je ne suis pas moins bien apprise qu'elles! Et pourquoi cela, s'il vous plaît?

LE BARON

Parce que vous êtes princesse, madame. Votre rang vous impose des devoirs.

LA PRINCESSE

Je le sais, baron, et mon cœur me dit que je les remplirai. Mais je n'accepte pas ceux dont vous me parlez, et qui feraient de moi une idole de bois doré, immobile dans sa niche. S'il ne tient qu'à moi, mes sujets vivront heureux, mais je demande à vivre aussi, moi, et puisque mes mains sont augustes, raison de plus pour m'en servir.

LE BARON

Mais au moins ne les dégradez pas en les mettant au service de vos inférieurs.

LA PRINCESSE

Et qui sont mes inférieurs, mon cher baron? Je croyais que tous les hommes étaient égaux devant Dieu?

LE BARON , se levant.

Bonté du ciel ! nous sommes perdus. C'est madame votre tante qui vous a mis ces idées-là dans la tête. Elle aura lu cela dans Voltaire!

LA PRINCESSE, se levant.

Rassurez -vous, baron, ma bonne tante n'a jamais ouvert Voltaire. C'est tout simplement dans l'Évangile.

LE BARON

Ne croyez pas cela. Ce sont des idées françaises : je ne les connais que trop. Nous avons ici assez de gens qui ont lu l'Évangile toute leur vie. Ils n'y ont jamais trouvé rien de pareil.

LA PRINCESSE

C'est qu'ils ont mal lu, mon cher baron. Mais je suis vraiment honteuse de vous faire ainsi la leçon, ta mon âge. Vous êtes bien le meilleur des hommes et le plus précieux des amis. Ce n'est pas à une petite étourdie comme moi à vous sermonner. Gouvernez mes États, et laissez-moi être princesse comme je l'entends.

LE BARON

C'est cela. Flattez-moi pour ne rien faire de ce que je vous demande. Mais vous n'y échapperez pas. Je me fâche, à la fin. Après tout vous m'avez été confiée, et je suis responsable.

LA PRINCESSE

Je suis majeure depuis hier, mon bon ami.

LE BARON

Et c'est pour inaugurer votre majorité que vous allez me faire une espièglerie de pensionnaire! arriver, passez-moi le mot, comme une aventurière, quand j'ai tout préparé pour vous recevoir d'une manière digne de votre rang : réunion des corps de l'État, arcs de triomphe, salves d'artillerie...

LA PRINCESSE

Et discours aussi, n'est-ce pas? Je parierais que vous repassiez le vôtre quand je suis arrivée.

LE BARON

En effet, princesse, j'avais cru devoir....

LA PRINCESSE

Et vous m'en voulez de votre discours rentré, n'est-ce pas? Eh bien, donnez-le-moi : il n'y aura rien de perdu.

(Apercevant le discours à terre.) Eli! tenez, qil'eSt-Ce qiie c'est

que cela ?

LE BARON

Ciel ! mon diSCOUrS ! (Il fait un effort pour se baisser. La princesse se baisse lestement et ramasse le papier.)

LA PRINCESSE

Ah ! je le tiens ! (Eiie ut.)

« Auguste princesse ! ! ! »

Vous n'avez pas honte, mon cher baron, de m' appeler auguste princesse devant le monde, et de me gronder

Si fort en tête-à-tête. (Elle continue de lire tout bas.)

Ah ! des cœurs qui débordent en revoyant ! C'est joli ! Je vous apprendrai, moi, à me traiter en pensionnaire.

LE BARON, d'un ton affligé.

Vous êtes cruelle, Marie.

LA PRINCESSE, allant à lui et lui prenant les mains.

Pardonnez-moi, mon ami, j'ai eu tort. Mais aussi pourquoi me traiter en petite fille, sous le prétexte que je suis trop grande dame ? Je vous avais écrit de ne faire aucun préparatif et... vous m'avez désobéi, monsieur.

LE BARON

Le ciel m'est témoin....

LA PRINCESSE

Que vous avez cru faire pour le mieux, je n'en doute pas. Mais il faudra vous habituer, pour ce qui concerne ma personne, à laisser les choses comme je les veux. J'ai aussi une volonté, moi, je vous en avertis.

LE BARON

Veuillez m'excuser, princesse, et croyez bien....

LA PRINCESSE

Allez, je VOUS pardonne. (Elle lui donne U main, le mène à son

fauteuil et se rasseoit.) Et maintenant, dites-moi si vous avez pensé à ma dernière recommandation.

LE BARON

J'y ai pensé, princesse. Vous voulez que je vous désigne une compagne de votre âge qui partage vos plaisirs et vos études, dans vos instants de liberté. Voici trois lettres que j'ai reçues hier à ce sujet.

LA PRINCESSE, prenant la première lettre.

Voyons. (Eiie m.)

« Mon cher baron,

« J'apprends qu'il est question de placer une dame « d'honneur auprès de Son Altesse. J'ose croire que vous « ne trouverez personne dans la principauté qui puisse « disputer ce poste à ma fille Wilhelmine. Notre famille « est la première du pays ; sa place est aux côtés de la « souveraine.

« Il me revient que les Geldhaus parlent de solliciter

« pour leur demoiselle. Je n'ai pas besoin que vous

« m'assuriez que vous ne permettrez jamais à ces es-

« pèces d'approcher de Son Altesse.

« A vous,

« Comte de Hohexkopf. »

Qu'en dites-vous, baron?

LE BARON

C'est vrai, princesse, les Hohenkopf sont à la tête de la noblesse du pays.

L A V Il I \ C E S S E , prenant la seconde lettre. Et Celle-Ci? (Elle regarde la signature.) « Geldliaus! » Je SUIS

curieuse de voir ce que dit ce Geldhaus qu'on traite si mal. (Eiie m.)

« Monsieur le baron,

« Permettez-moi de réclamer pour ma fille Ottilie la « place d'honneur dont vous allez disposer auprès de la « princesse. Les gens qui, comme moi, répandent la vie u et le mouvement dans le pays par leur industrie et « leurs capitaux sont exposés trop souvent à d'injustes « dédains. Ils ont besoin d'être relevés par quelque marie que de distinction venue d'en haut, et je vous crois « l'âme trop bien placée, monsieur le baron, pour ne pas « accueillir avec laveur une demande dont le succès nous « vengerait du mépris de certaines gens.

« On me dit que maître Petermann s'est mis en tète u de vous présenter sa fille. J'aime à croire que c'est une « plaisanterie. Vous ne voudriez pas donner accès dans « le palais à des gens de rien, à de petits boutiquiers « que nous ne recevons pas dans nos salons.

« Agréez, monsieur le baron, mes salutations respecte tueuses,

« Chevalier de Geldhaus. »

Qu'est-ce qu'il est, ce chevalier?

LE BARON

C'est le premier banquier de la résidence, un homme vingt fois millionnaire.

LES RICOCHETS 1 ):i

LA PRINCESSE

Ail!... YoyOnS la troisième. (Elle prend la lettre et regarde la

signature.) « Petermann ! » Tiens! c'est ce pauvre Petermann qu'on a si bien arrangé. (Eiie m.)

« ïrès-honoré baron,

« J'ose prendre la liberté de solliciter auprès de vous « une faveur insigne, et vous avez des idées trop larges « pour me la refuser. A une époque aussi avancée que « la nôtre, il se rencontre encore des gens pour mépriser « les professions honorables , et regarder les commerce çants comme étant placés au-dessous d'eux. A ces « gens-là, quelle plus balle leçon pourriez-vous donner « que de choisir ma fille Barbara pour être la compagne « de notre bien-aimée princesse ?

« Nous sommes de simple bourgeoisie ; mais il ne faut « pas nous confondre avec les gens du peuple, et, en « arrêtant votre choix sur nous, croyez bien que vous « ne le ferez pas descendre dans la boue. »

« J'ose me dire, monsieur le baron, « De Yotre Excellence, <c Le très-humble, très-dévoué et très-obéissant service teur,

ce Petermanx, ce Syndic de la corporation des drapiers. »

Ah ! quel dommage, notre cher baron, que vous n'ayez

pas une quatrième lettre d'un cordonnier! J'aurais du plaisir à lire ce qu'il dirait des savetiers.

LE BARON

Eh bien! princesse, que décidez-vous?

LA PRINCESSE

Les trois pères sont trois sots. Je voudrais voir les filles.

LE RARON.

Voulez-vous que je les fasse venir?

LA PRINCESSE

Non, j'ai mon idée. Je vous rends votre liberté, baron. Faites dire à Fritz, je vous prie, que je veux lui parler,

LE RARON.

Mais, pourrais-je savoir?...

LA PRINCESSE

Non, vous ne pouvez pas. Ce soir, vous saurez.

LE RARON, à part, au moment de sortir.

Quelque nouveau coup de tête, bien sûr ! Je tremble ! Avec des idées pareilles elle est capable de tout. Ah! madame la chanoinesse, vous rendrez compte à Dieu de ce que vous avez fait là.

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