ACTE II
La scène représente un jardin. Sur le devant, un banc.
FRITZ, assis sur le banc.
Notre bonne petite princesse a voulu donner une leçon à ces orgueilleux, et je me suis laissé mettre tout tranquillement du complot. M. le baron en dira ce qu'il voudra. On leur a envoyé à tous les trois une carte d'entrée pour la partie réservée des jardins du palais, avec un
avis sous main que la princesse viendra s'asseoir sur ce banc, et qu'ils aient à amener leurs filles. .Chacun de son côté va se croire sûr de son affaire. Mais au lieu d'une princesse, c'est une paysanne qu'ils verront arriver. Personne ne la reconnaîtra : j'y ai été pris moi-même. Ma filleule Gretchen ne pouvait venir plus à propos de son village. Elle a prêté son costume des dimanches, et, ma foi, je veux l'envoyer aussi, moi, sur le banc, sans lui dire qui elle y trouvera. C'est une enfant du bon Dieu, qui va droi evant elle. J'ai dans l'idée qu'elle plaira à la princesse, et... qui sait? Ma Gretchen est venue dans la résidence pour se placer. Peut-être bien ma petite Marie la prendra- t-elle à son service. Je serais bien content ! Mais voici M. le comte de Hohenkopf qui arrive le premier au rendez-vous. Retirons-nous : il ne faut pas qu'on
me VOie ici. (il sort. Entre la famille de Hohenkopf.) LE COMTE.
Quand vous serez entrée en charge, ma chère Wilhelmine, j'espère bien que vous userez de votre influence sur la princesse pour la ramener à des façons d'agir plus convenables. Nous faire faire le pied de grue dans les grands appartements, et se glisser dans le palais par un escalier de service ! Cette petite fille est d'une impertinence qui n'a pas de nom.