STATUTS DE L'INQUISITION D'ÉTAT
(IS jam 4 «M.)
0* Sia procorado di moi, e dà Bostri successori de bayer più numéro de raccordanti che sia possibile tanto del ordene nobile quanto de* cîttadini,e popolari, oomeaiïco de* reiigiosi.
12* Pcr baver questa intratura se puol servi re de qualcbe raccordante religioso ô de qualcbe zudio, cbe sono per- «one cbe facil mente trattano con tutti.
16* Se occoresse cbe per el nostro magistrato se devosse clar la morte ad alcun, non se fuccia mai dimosiration pubblica, ma questa secretaraente si adempisca, co mandarlo ad annegar in canal Orfani di notte tempo.
1^8* Se qualcbe nobile nostro venisse ad awcrtîrci di rsser sta tentado per parte de
6<' Le tribunal aura le plus grand nombre possible d*oliservatenrs cboisis, tant dans Tordre de la noblesse que parmi les citadins, les populaires et les religieux.
12* On fera suivre les ouvertures par quelque moine ou par quelque juif, ces sortes de gens l'introduisant par^ tout.
16* Quand le tribunal aura jugé nécessaire la murt de quelqu'un, Texécution ne sera jamais publique. Le condamné sera noyé secrètement, la nuit, dans le canal Orfano
28* Si quelque noble vénitien révèle au tribunal des propositions qui lui auraient
ZBl
alcun ambassador, sia procurado che el continua la pratica, tanto che se possa concerCar de mandar a retenir la persona in fragrante, e quando se posa in quello instante verificar el dlto di quel nobile nostro , quella personna sia mandata subito ad annegar, mentre perè non sia Tambassador istesso e auco il suo seeretarioy percbè ij altri se pnô finzer de non conoscerli.
29* E quando non se
possa far altro, ij siano fatta ammazzar privatamente.
tô* Sia procurado del magistrato nostro di ayer raccor- ' danti, non solo in Yenetia, ma anco neQe nostro citte principali , massime de confin , 11 quali doi Yolte Tanno debbano personalmente comparir al tribunal, per referlr se li rettori nostri havessero quaiche commercio con i principi €onfinanti, corne anco altri particolari importanti circa i loro portamenti. E quando se intendesse cosa alcuna contre il stato, sia proTisto da uoi Tigososamente.
été faites de la part de quelque ambassadeur, il sera autorisé à continuer cette pratique ; et, quand on aura acquis la certitude du fait, Tagent intermédiaire de cette intelligence sera enlevé et noyé, pourvu que ce ne soit ni l'ambassadeur lui-même ni le secrétaire de la légation, mais une personne que Ton puisse feindre de ne pas connaître.
29* On emploiera tous
les moyens pour rari'éter,et si, enfin, on ne peut faire autrement, on le fera assassiner secrètement.
40* U y aura des surveillants, non -seulement à Venise, mais encore dans les principales villes de l'État, et principalement su r les frontières , lesquels devront se présenter en personne deux fois Tan devant le tribunal, pour y déclarer s*il est à leur connaissance que les gouverneurs, ou d'autres personnages marquants, aient quelques intelligences avec les princes voisins, ou qu'ils se conduisent mal. Au moindre avis de quelque désordre nuisible au service public, le tribunal y remédiera avec vigueur.
ANGELO
agoiouta fatta al capitola&e
DELX.I DfQUISITOai DI STATO.
1* Siano incaricati tutti li raccordantî, di quai si voglia condition,adinvigilaraquesta sorte di discorsi, et di tutti darne parte al magistrato nostro. £ doveremo noi e li successori nostri , in ogni tempo clie ciô succéda, far chiamar quelli che havessero havuto hardiraento di proferir concetti si licentiosi, e farli risoluta ammonition che mai più ardiscano proferir cosie simili in pena délia vita; e quando pure se facessero tanto licentiosietdisobedienti di rinovar questi discorsi , provata che sia giudiciaramente la récita, siane cou ogni prestezza mandato uno ad annegar per esempio delP altri, accio se estirpi a fatto questa arroganza.
3* A tra questi che vivono più presenti scelieme uno che habbi conditione di buon zelo verso la patria, di ingegno habile à maneggîare un negocioy e bisogno di migliorare le sue fortune, como sarebbe in questa consideratioue, per esempio un vescovo di titolo.
Scella che &ij la persona, fare
SUPPLEJUEirr AUX CAPITULAIRXft DES INQUISITEURS D*£TAT.
l*Les surveillants de toutes conditions sont chargés d*écoûter attentivement et de rapporter au tribunal les discours absurdes qui pourraient mettre le trouble dans la Ré^ publique. Il est arrêté que, dans toute occurrence semblable, ceux qui auraient proféré des paroles si audacieuses seront mandés ; on leur intimera Tordre de ne pas se permettre de pareils discours, sous peine de la vie ; et s'ils étaient assez hardis pour recommencer, et qu*on pût en acquérir la preuve judiciaire ou extrajudiciaire, on en ferait noyer un pour Texemple.
3* Parmi les prélats qui résident pins habituellement à Venise, on en choisira un dont le zèle pour la patrie soit bien connu, Tesprit habile à manier les affaires, et la fortune assez médiocre pour qu*il ait besoin de l'augmenter, comme pourrait être un évéque de titre {in parti»
che con ogni rigaardo s*abbochi prima con alcuno di uoi inquisitori, el per ultimo con tutti trè ; et à questo prelato restri offerito un premor sicuro di cento ducati al mese.
Il'* Si anco in avvantaggio scrllto airambasciador nostro in Spagna, che applicbi Tingeguo per contaminare alcun huomo délia nacione loro ; acci6 fingendo qualche négocie particolari in Italia, si porti in Yenetia, et con leitere di raccommandatione di alcun soggette autorevole di quei contorni , procuri adito et hospitio in casa dell* ambasciadore Spagnuolo resi* dente appresso di noi, ove ferniaudoii qualchc tempo, come forestière, non dara sospetto alcuno alla corte, e ne meno ad altri che pratticassei'o nella medesIma,colsupposto di essere persona sconoscente, e ap))Iicato solo à servigiu particolare ; in tal modo potrebbe questo taie rc ferire tutti li andomenti dclla corte ttessa à chi sarà poi appostato da noi.
28® Tormato il proccsso, et conosciuto in conscienga che sij reo di morte, ft*operi
àus). Le choix fait, un des inquisiteurs d*abord, et ensuite tous les trois, s^aboucheront avec ce prélat pour lui offrir un traitement de cent ducats par mois (afin d*en faire un espion).
17* Il sera écrit à l'ambassadeur de la République en Espagne de chercher un homme de cette nation qui, sous le prétexte de ses affaires particulières, fasse un voyage en Italie, et, arrivé à Venise avec des lettres de recommandation de personnes considérables de son pays, se procure un accès facile chez rainbassadeur espagnol résidant auprès de nous. Cet étranger s'y fixera pendant quelque temps, sans être suspect ni au ministre m aux autres habitués de la jour, parce qu*il passera pour n*âlre point au courant des affaires et occupé uniquement des siennes ; il pourra, par conséquent, observer facilement tout ce qui se passe dans le palais de l'ambassadeur, et communiquer ses observations à on agent que nous aurons aposté près de lui.
\\'^' 'instruction du procès Jonne la conviction de la culpabilité du détenu et le
ANGELO
-con puntaalissimo riguardo che alcun carcerio, mostrando affetto di guadagno, la oferisca modo di romper la caroere, et 4i notte tempo fugirsi, et il giorno atteudentf alla fuga le sij nel cibo dat(> il veleno, clie operi corne insensibilmente et non lassi segno di violenza : in tal modo sarà suplito al riguardo pnblico et al rispetto privato, et sarà uno stesso in fine délia giustitia, perché il viaggio un poco più longo y ma più .sicuro.
fait juger digne de mort, on aura soin que quelque geôlier, feignant d'avoir été gagné pour de Fargent, lui offre les moyens de s'enfuir la nuit, et, la -veille du jour où il devra s'évader, on lui fera donner parmi ses aliments un poison qui n'agisse que lentement et ne laisse point de trace ; de cette manière, on n'offensera pas le regard public et le respect privé, et le but de la justice sera atteint par uu chemin un peu plus long, mais plus sûr.
(Xote 2.)
XOT2 ÇUI kCCOMBàGXATV LES PREMIERES EDITIONS.
La loi d^optique du théâtre , qui oblige souvent à ne présenter que des raccourcis, surtout vers les dénoûments, exige impérieusement que le rideau tombe au mot : Par ntoij pour toi! La vraie fin de la pièce n'est pourtant pas là, comme on peut s'en convaincre en lisant. Il est évident aussi que lorsque Angelo Malipierî, à la première scène de la troisième journée, explique aux prêtres le blason des Bragadini, il devrait dire : la €roix de gueules et non la croix rouge. Espérons qu'un jour un seigneur vénitien pourra dire tout bonnement sans péril son blason sur le théâtre. C'est un progrès qui viendra. A l'heure qu'il est, il n'est guère permis à on gentilhomme de se targuer sur le théâtre d'autre
chose que d'un champ à^azur, Sinople ne serait pas com* pris; gueules ferait rire; azur est charmant.
Poar tout ce qui regarde la mise en scène, MM. les directeurs de province ne peuvent mieux faire que de se modeler sur le Théâtre-Françab, où la pièce a été montée avec un soin extrême. Ajoutons que la pièce est jouée, d^ins ses moindres détails, avec un ensemble et une dignité qui rappellent les plus belles époques de la vieille Comédie-Française. M. Provost a reproduit avec une fermeté sculpturale le profil sombre et mystérieux d'Homodei. M. Geffroi réalise avec un talent plein de nerf et de chaleur ce Rodolfo mélancolique et violent, passionné et fatal , frappé comme homme par Tamour, comme prince par l'exil. M. BeauvaUet, qui peut mettre une belle voix au service d'une belle intelligence, a posé puissamment la figure haute et sévère de cet Angelo, tyran de la ville, maître de la maison. La création de ce r6le place pour tout le monde M. BeauvaUet au rang des meilleurs acteurs qu'il y ait au théâtre en ce moment. Quant à Mlle Mars, si charmante, si spirituelle, si pathétique, si profonde par éclairs, si parfaite toujours; quant à Mme Dorval, si vraie, si gracieuse, si pénétrante, si poignante, que pourrions-nous en dire après ce que dit, au milieu des bravos, des acclamations, des applaudissements et des larmes, cette foule immense qu'éblouit chaque soir le choc étincelant des deux sublimes actrices?