ACTE IX, PARTIE 1, SCÈNE VI. TO
GKSNASO.
OÙ, les pàbons des Borgia S
DONA LUCRSZIA.
Toos en ai^ez bo. Personne an monde ne eomiaft de coabre^poison à celte composkioa terrible, personne, excepcéle pape, monsîeiir deYaloilinoîs, et moi. Tener^ voyez cette fiole que je porte toixjoars cachée dans ma ceinture. Cette fiole, Geonaro, c^est la vie, c'est la santés c'est le salât. Une seule goiiAise sur vo& lèvres, et r9v& êtes sauvé !
(Elle veut approcher la fiolft des lèvres de Gennaro, il recale.) QE2UfA1tO , la. regardant fix«iii«st«
IVladanoe, qcà est-ce ^i me dit q«e ce n'est pas cek» qui esl do. poison?
DONA liCCREZlA , ton^tfit aiiéaati& aor le fintesil.
O «on Dieal mou Bienl
GENNABO.
Ne vcMH af^lez-vovs pas Lnerèce Borgia? Est-ce cpie ^4iQS eroyea tpie je ne me souviens pas du frère de B»* jazet? Ovi, je sais un peu d'histoire! On hii fit accroire, à lui anssî, cpi'il était empoisonné par Charles YIII, et OD lui donna un contre- poison dont il monmt. Et la mak» qui loi présenta le coutre-poison, la voilà, elle tient cette iiole. Et la boucbe qui lui fkit de le botre, la voM;i, elle ■e parie I
DONA LUCREZIA
Misérable femme que je suis!
GEIlIfAIIO.
Écoutez, madame, je ne me méprends pas à vos semblants il*amour. Vous ave£ quelque sinistre dessein sur moL Cela est visible. Vous devea savoir qui je suis.
80 LUCRÈCE BORGU.
Tenez, dans ce moment-ci, cela se lit sur votre visage que vous le savez, il est aisé de voir que vous avez quelque insurmontable rabon pour ne me le dire jamais. Votre famille doit connaître la mienne, et peut-être à cette heure ce n'est pas de moi que vous vous vengeriez en m'empoisonnant ; mais, qui sait? de ma more.
DONA LUCREZIA
Votre mère, Gennaro ! vous la voyez, peut-être autrement qu'elle n'est. Que diriez-vous si ce n'était qu'une femme criminelle comme moi?
GENNARO
r^e la calomniez pas. Oh non ! ma mère n'est pas une femme comme vous, madame Lucrèce! Oh! je la sens dans mon cœur et je la rêve dans mon àme telle qu'elle est; j'ai son image là, née avec moi : je ne l'aimerais pas comme je l'aime si elle n'était pas digne de moi ; le cœur d'un fils ne se trompe pas sur sa mère. Je la haïrais si elle pouvait vous ressembler. Mais non, non. Il y a quelque chose en moi qui me dit bien haut que ma mère n'est pas un de ces démons d'inceste, de luxure et d'empoisonnement comme vous autres, les belles femmes d'à présent. Oh Dieu ! j'en suis bien sûr, s'il y a sous le ciel une femme innocente, une femme vertueuse, une femme sainte, c'est ma mère ! Oh ! elle est ainsi, et pas autrement! Vous la connaissez, sans doute, madame Lucrèce, et vous ne me démentirez point !
DONA LUCREZIA
Non, cette femme-là, Gennaro, cette mère-là, je ne la connais pas !
Mais devant qui est-ce que je parle ainsi? Qu'est-ce