‹ Théâtre du Petit-Château (volume 2)Chapitre 60 sur 147 · SCÈNE m · texte numérisé non relu

SCÈNE m

RUSTIGHELLO, ASTOLFO,

ASTOLFO.

Qne diable fais- ta là, RustigUello?

BUSTIGBKLLO.

J*attendt que tu t^en ailles, Astolfo^

ASTOLFO.

En vérité !

BUSTIGHSLLO.

Et toi, que fais- tu là, Astolfo?

ASTOLFO.

J'attends que tu t'en ailles, Rustighello.

HuanGaBLUD.

' A qui donc as-tu affaire, Astolfo?

ASTOLFO.

A Thomme qui demeure dans cette maison. -— Et toi, à qui en veux-tu?

BTJSTIGHSLIX».

Au miéme.

ASTOLFO.

Diable !

BUSTTGHELLO.

Qu*est-ce que tu veux en faire?

ASTOLFO.

Je veux le mener chez la duchesse. — Et toi?

BUSTIGHELLO.

Je veux le mener chez le duc.

ASTOLFO.

Diable !

BUSTIGHELLO.

Qu'est-ce qui Tattend chez la duchesse ?

ASTOLFO.

L'amour sans doute. -*-Et chez le doc?

BVSTIGHStLO.

Probabkfment la potence.

ASTOLFO.

Comment faire ? il ne peut pas être à la fois chez le duc et chez la duchesse, amant heureux et pendu.

BTTSTIGHBLLO.

A-t-il de Tesprit cet Astolfo !

(Il fait un signe, les deux sbires cachés sons le balcon ducal s'avancent

et saisissent aa collet Astolfo.)

BUSTIGHKLLO.

Saisissez cet homme. — Vous avez entendu ce qu^il a dit. Vous en témoignerez. — • Silence, Astolfo]

{AxoL autres sbires.) Enfants, à Vœuvre à présenti Enfoncez-moi cette porte.

Dans le troisième acte, la scène de l'orgie, à partir de la page 103 jusqu'à la page 106 doit être jouée comme il suit :

GUBKTTA.

Une chanson à boire, messîears ! il nous faut une chanson à boire qui vaille mieux que le sonnet du marquis Olofemo. Ce n^est pas moi qui vous en chanterai une ; je jure par le bon TÎeun crâne de mon père que je ne sais pas de chansons^ attendu que je ne suis pas poëte et que je n'ai point Tesprit assez galant pour faire se becqueter deux rimes au bout d'une idée. Mais vous, seigneur Maffîo, qui êtes de belle humeur, vous devez savoir quelque chanson de table. Que diable ! chantez-nous-la, amusons-noos.

XAFno.

Je veux bien, emplissez les verres,

(II diante.)

Amis, vive Torgie I

J'aime la folle nuit

Et la nappe rougie

Et les chants et le bruit,

Les dames peu sévères,

Les cavaliers joyeux,

Le vin dans tous les verres,

L'amour dans tous les yeux !

La tombe est noire.

Les ans sont courts.

Il faut, sans croire Aux sots discours, Très-souvent boire.

Aimer toujours !

TOUS MM CHCBUB.

La tombe est noife, eto.

m LUCRÈCE BORGIA.

(Ils choquent leurs verres en riant aux éclats. Tout à coup on entend des voix éloignées qui chantent au dehors sur nn ton lugubre.

VOIX AU DEHOBS.

Sanctum et terrihUe nomen ejus, InitUtm sapientue timor Do" mini.

JEPFO,

Écoutez y messieurs 1 — Corbacque ! Pendant que nous chantons à boire, l'écho chante vêpres.

TOUS

Écoutons !

VOIX AU DEHOBS, nn pea plus rapprochées.

Aisi Dominas custodierit civiiatem^ frustra vigilat gui custodtf eam,

JEPPO, ri«nt« Du plain-chant tout pur.

MAFno.

Quelque procession qui passe.

GBmrÀEO.

A minuit! C'est un peu tard.

JEPFO.

Bah ! Continuons.

VOIX AU DEHOBS, qui se rapprochent de plus en plus. Oculos habenî et non videbunt^nares habent et non odorabuni, aures habent et non audient,

JEFPO.

Sont-ils braillards, ces moines !

aiAFFIO.

Regarde donc, Gennaro. Les lampes s'éteignent ici. Nous voici tout à. l'heure dans l'obscurité.

VOIX AU DEHORS, très-près.

Manus habent ^ et non palpabunt, Pedes habent et non ambulabimt. Non clamabunt in gutture suo,

GENITABO.

Il me semble que les voix se rapprochent.

JEPPO.

La procession me fait l'efTet d'être en ce moment sous not fenêtres.

MAFFIO

Ce sont les prières des morts.

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