‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 150 sur 210 · PARTIE I, SCÈNE II · texte numérisé non relu

PARTIE I, SCÈNE II

lamais il ne revit son b&tard. Qaand ce père

Sentit sa mort prochaine, il appela son dis.

Et lui fit à genoux baiser un crucifix.

Barberousse, incliné sur ce lit funéraire,

Jura de ne se point révéler à son frère,

Et de ne s'en venger, s'il était encor temps,

Que le jour où ce frère atteindrait ses cent ans ,

— C'est-à-dire jamais ; quoique Dieu soit le maître! —

Si bien que le bâtard sera mort sans connaître

Que son père était duc, et son frère empereur.

Sfrondati pâlissait d'épouvante et d'horreur

Quand on voulait sonder ce secret de famille.

Les deux frères aimaient tous deux la même (ilie ;

L'aîné se crut trahi, tua l'autre et vendit

La fille à je ne sais quel horrible bandit,

Qui, la liant au joug sans pitié, comme un homme.

L'attelait aux bateaux qui vont d'Ostie à Rome»

Quel destin ! — Sfrondati disait : « C'est oublié ! »

Du reste en son esprit tout s'était délié.

Rien ne surnageait plus dans la nuit de son Âme ,

Ni le nom du bâtard, ni le nom de la femme.

Il ne savait comment, il ne pouvait dire où. —

Tai vu cet homme à Prague enfermé comme un fou.

U est mort maintenant.

HBRMÀNN.

Tu conclus?

TEUDON.

Je raisonne.

Si tous ces faits sont vrab, la prophétie est bonne. Car enfin, — cet espoir n'a rien de hasardeux, — Accomplie une fois, elle peut l'être deux.

Barberousse, déjà cru mort dans sa jeunesse.

Pourrait renaître encor. . . .

HERMANN, riant.

Bon! attends qu'il renaisse !

KUNZ, à Tendon.

On m'a jadis conté ce conte. En ce château Frédéric Barberousse avait nom Donato.

Le bâtard s'appelait Fosco. Quant à la belle. Elle était Corse, autant que je me le rappelle. Les amants se cachaient dans un caveau discret, Dont rentrée inconnue était leur doux secret ; C'est là qu'un soir Fosco, cœur jaloux, main hardie, Les surprit, et finit l'idylle en tragédie.

GONDICARIUS.

Que Frédéric, du trône atteignant le sommet, N'ait jamais recherché la femme qu'il aimait, Cela me navrerait dans Tàme pour sa gloire, Si je croyais un mot de toute votre histoire.

TEUDON.

Il l'a cherchée, ami. De son bras souverain, Trente ans il a fouillé les repaires du Rliin. Le bâtard....

KUNZ.

Ce Fosco !

TEUDON, continnant.

Pour servir en Bretagne, Avait laissé son burg et quitté la montagne. Il n'y revint, dit-on, que fort longtemps après. L'empereur investit les monts et les forêts.

Assiégea les châteaux, détruisit les burgraves; Mais ne retrouva rien.

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