‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 188 sur 210 · PARTIE II, SCÈNE VL · texte numérisé non relu

PARTIE II, SCÈNE VL

(A JVIagnus, qui est resté debout.)

Magnus !

(Mngnus, en proie à une sombre irrésolution, semble liésiter. Son père fait un geste. Il tombe à genoux. Job poursuit.)

Toujours barons et serfs, fronts casqués et pieds nus, Chasseurs et laboureurs, ont échangé des haines ; Les montagnes toujours ont fait la guerre aux plaines ; Vous le savez. Pourtant, j'en conviens sans effort , Les barons ont mal fait, les montagnes ont tort !

(Se relerant. Aux soldats.)

Qu'on mette en lioerté les captifs.

(Les soldats obéissent en silcocc et détachent les chaînes des prisonniers , qui, pendant cette scène, sont venus se gruuper dans la galerie, au fond du théâtre. Job reprend.)

Vous, burgraves, Prenez, César Je veut, leurs fers et leurs entraves.

(Les burgraves se relèvent avec indignation. Job les regarde

arec autorité.)

— Moi, d'abord.

(Il fait signe à un soldat de lui mettre au cou un des colliers de fer. Le soldat baisse la tête et détourne les yeux. Job lui fait signe de nouveau. Le soldat obéit. Les autres burgraves se laissent enchainer sans résistance. Jyb, la cliatne au cou, se tourne vers IVmpereur.)

Nous voilà comme tu nous voulais, Très-auguste empereur. Dans son propre palais Le vieux Job est esclave et t'apporte sa tête. Maintenant, si des fronts qu'a battus la tempête Méritent la pitié, mon maître, écoutez- moi.

Quand vous irez combattre aux frontières, ô roi ! Laissez-nous, — faites-nous cette grâce dernière, — Vous suivre, troupe armée et pourtant prisonnière. Nous garderons nos fers ; mais, tristes et soumis. Mettez-nous face à face avec vos ennemis.

Devant les plus hardis, devant les plus barbares ;

Et, quels qu'ils soient, Hongrois, Vandales , Magyares, Fussent-ils plus nombreux que ne sont sur la mer Les grêles du printemps et les neiges d'hiver, Fussent-ils plus épais que les blés sur la plaine, Vous nous verrez, flétris, l'œil baissé, T&me pleine De ce regret amer qui se change en courroux, Balayer — j'en réponds ! — c^s hordes devant vous. Terribles, enchaînés, les mains 'âe sang trempées, Forçats par nos carcans^ héros par nos épées I

LE CAPITAINE DES ARCHERS DU BURG , s'avançant vers Job, et s'inclinant pour prendre ses ordres.

Seigneur....

(Job secoae la tête et lui fait signe du doigt de s'adresser à l'empereiir, silencieux et immobile au milieu du théâtre. Le oapitaioe se tourne ▼ers l'empereur et le salue profondément.)

Sire....

L EMPEREUR , désignant les Bnrgraves.

Aux prisons !

(Les soldats emmènent les barons, excepté Job, qui reste snr un signe de Tempereur. Tous sortent. Quand ils sont seuls, Frédéric s'approche de Job et détache sa chaîne. Job se laisse faire avec stupeur. Moment de silence.)

L EMPEREUR , regardant Job en face*

Fosco 1

JOB, tressaillant avec épon vante.

Ciel !

L EMPEREUR , le doigt sur la boncbe.

Pas de brait.

JOB , à part.

Dieu !

l'empereur.

Vas ce soir m' attendre où tu vas chaque nuit.

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