‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 198 sur 210 · PARTIE III, SCÈIJE II · texte numérisé non relu

PARTIE III, SCÈIJE II

JOB, à genoux, les mains jointes, se traînant aux pieds de

Gaanhamara.

A ma misère Accorde une autre mort. Je t'en prie 1

GUÀNHUMÀRÀ.

Ah I maudit I Je te priais aussi, je te Tai déjà dit, A genoux, le sein nu, folle et désespérée.

Te souviens-tu qu'enfin, me levant égarée.

Je criai : c Je suis Corse !» et je te menaçai ! ^lors, tout en jetant ta victime au fossé.

Me repoussant du pied avec un rire étrange, ^u me dis : « Venge- toi , si tu peux ! » — Je me venge !

JOB, toujours à genoux.

Mon fils ne t'a rien fait! Grâce! Je pleure.... Vol! Songe que je t^aimais ! j'étais jaloux !

GUAI^IIUMARA.

Tais-toi !

(Levant les yeux au ciel.)

C'est une chose impie entre tant d'autres crimes Que le couple cfTi ayant, perdu dans les abîmes, Qui parle en ce tombeau d'épouvante entouré.

Ose encor prononcer, amour, ton nom sacré !

(A Job.)

Eh bien, j'aimais aussi, moi, dont le cœur est vide ! Rends-moi mon Donato ! ronds-le-njoi, fratricide!

JOB, se levant avec une résignation sombre.

Otbert sait-il qu'il doit tuer son père ?

GUANHUMARA

Non.

Pour sauver Régina, sans savoir ton vrai nom, Il fra])pcra dans l'ombre.

JOB

Otbert I nuit lamentable !

GUANHUMARA

Il sait, comme un bourreau, qu'il punit un coupable. Rien déplus. — Meurs voilé, cais-toi, ne parle pas. Si tu veux, j'y consens.

(Elle détache son voile noir et le lui jette.) JOB , saisissant le voile.

Merci l

J'entends un pas.

Recommande ton âme à Dieu. — C'est lui. — Je rentre. J'entendrai tout. Je tiens Régina dans mon antre. Hâtez- vous d'en finir tous les deux.

(Elle sort par le fond à gauche , du c6té où ont disparu les porteurs du cercueil.)

JOB, tombant à genoux près da banc de pierre.

Juste Dieu !

( Il se couvre la tête du voile noir et demeure agenouillé , immobile, dans l'attitude de la prière. Entre par la galerie à droite an homme vêtu de noir et masqué comme les deux précédents, portant une torche. Il fait signe d'entrer à quelqu'un qui le suit. C'est Otbert, Otbert, pâle, égaré, éperdu. Au moment où Otbert entre, et pendant qu'il parle. Job ne fait pas un mouvement. Dès qu'Otbert est entré, l'homme masqué disparaît.)

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