PARTIE ra, SCÈNE IH
Quand tu peux d un seul coup faire deux délivrances 1 Si tu nous aimes. . • .
OTBERT.
Dieu!
JOB
Délivre-nous tous deux ! Frappe I — Pour le guérir d'un ulcère hideux, Saint Sigismond tua Boleslas. Qui l'en blàme ? Mon Otbert, le remords, c'est l'ulcère de l'àme. Guéris-moi du remords !
OTBERT, prenant le couteaa.
£h bien I...
(Il s'arrête.) JOB.
Qui te retient?
OTBERT, remettant le poignard an foarreaa.
Savez- VOUS une idée affreuse qui me vient? —
Vous eûtes un enfant qu'une femme bohème
Vola. — Vous l'avez dit ce matin. — Mais, moi- même,
Une femme me prit tout enfant. Kous voyons
Se faire en ce temps-ci d'-étranges actions.
— Si j'étais cet enfant? Si vous étiez mon père?
JOB
(A part.)
Dieu!
(Haut.)
La douleur, Otbert, t'égare et t'exasprère , Tu n'es pas cet enfant! Je te le dis!
OTBERT.
Pourtant vous m'appelez mon (Ils !
JOB
Je t^aiine tantl C'est rhabitude ; et puis, c*est le mol le plus tendre.
OIBERT.
Je sens là quelque chose....
JOB
Oh ! non I
OTBEKT.
Je croîs entendre Une voix qui me dit....
JOB
C'est une voix qui ment.
OTBERT.
Monseigneur! monseigneur ! si j'étais votre enfant !
JOB
Mais ne va pas au moins croire cela, par grâce !
J'eus la preuve. ... — O mon Dieu ! que faut-il que je fasse ?
Que des juifs ont tué l'enfant dans un festin.
Son cadavre me fut rapporté. Ce matin
Je te l'ai dit.
OTBERT.
Non.
JOB
Si, rappelle ta mémoire.
Non, tu n*es pas mon fils, Otbert ! tu dois m'en croire. Sans les preuves que j'ai, c'est vrai, je conviens, moi, Que l'idée aurait pu m'en venir comme à toi ! — Certe ! un enfant que vole une main inconnue.... — Je suis même content qu'elle te soit venue Pour pouvoir à jamais l'arracher de ton cœur ! Si, quand je serai mort, quelqu'un, quelque impostear, Te disait, pour troubler la paix de ta pauvre âme,