PARTIE III, SCENE III
Que Job était ton père.... — Oh! ce serait înfAme! —
N'en crois rien l Tu n'es pas mon fils ! Non, mon Otbert!
Vois-tu, quand on est vieux, le souvenir se perd ;
Mais, la nuit du sabbat, tu le sais, «n égorge
Un enfant. C'est ainsi qu'on a tué mon George.
Des juifs, j'en eus la preuve. Otbert, rassure-toi.
Sois tranquille, mon fils.... — Eh bien, encore! Voi,
Je t'appelle mon fils. Tu vois bien. L'habitude!
Mon Dieu ! crois-moi, la lutte à mon Age est bien rude !
Ne garde pas de doute, obéis-moi sans peur;
Vois, je baise ton front, je presse sur mon cœur
Ta main qui va frapper et qui restera pure !
Toi, mon fils ! — Ne fais pas ce rêve! — Je te jure....
— Mais, voyons, réfléchis, loi qui penses beaucoup. Toi qui trouves toujours le côté vrai de tout,
Je me prêterais donc à ce mystère horrible ?
Il faudrait supposer.... — Est-ce que c'est possible?
— Enfin, j'en suis bien sûr, puisque je te le dis ! — Otbert, mon bien- aimé, non, tu n'es pas mon fils !
LA VOIX , dans Tombre.
Régina ne peut plus attendre qu'un quart d'heure.
OTBERT.
Régina !
JOB
Malheureux ! ta veux donc qu'elle meure?
OTBERT.
Diea puissant ! Aussi, moi, mon Dieu ! j'ai trop lutté ? Je me sens ivre et fou ! Dans ce lieu détesté, Oh les crimes anciens aux nouveaux se confrontent, Les miasmes du meurtre à la tète me montent 1 L'air qu ici Ton respire est un air malfaisant.
^o8 LES BURGRAVES.
(Égaré.)
Est-ce que ce vieux mur veut boire encor du sang?
JOB, lui remettant le coateaa dans la main.
Oui!
OTBERT.
Ne me poussez pas !
JOB
Viens!
Je glisse à l'abîme !
Je ne me retiens plus qu'à peine aux bords du crime. Je sens qu'en ce ooraenl je puis faire un grand pas, Faire une chose orrible!... — Oh! ne me poussez past
JOB
Donc sauve l'innocent et punis le coupable !
OTBERT, prenant le coateaa.
Mais ne voyez- vous pas que j'en serais capable? Savez-vous que je n'ai qu'à demi ma rai«on ?
Qu'ils m'ont fait boire là je ne sais quel poison. Eux, ces spectres masqués, pour me rendre la force? Que ce poison m'a mis au cœur une âme corse?
Que je sens Régina qui se meurt ? et qu'enfin La louve est là dans l'ombre et la tigresse a faim ?
JOB
Il est temps, il est temps que mon crime s'expie ! Donato m'implorait ici : je fus impie !
Otbert, sois sans pitié comme je fus sans cœur ! Je suis le vieux Satan, sois l'archange vainqueur !
OTBERT, levant le coateaa.
De ma main, malgré moi. Dieu ! le meurtre s'échappe T
JOB , à genoux devant lai.
Vois quel monstre je suis ! je le poignardai ! Frappe t