‹ Théâtre du Petit-ChâteauChapitre 50 sur 210 · ACTE I, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE IL

J'ai toi:goors dédaigné de battre un argonsin. J'étais là ; rien de plus : pendant les estocades, \^\s - i Je marchais en faisant des vers sous les arcades* On s'est fort assommé.

DON SALLUSTE

Ce n'est pas tout.

DON CESAR

Voyons.

DON SALLUSTB.

En France, on tous accuse, entre autres actions. Avec vos compagnons à toute loi rebelles, D'avoir ouvert sans clef la caisse des gabelles.

DON CÉSAR

Je ne dis pas. — La France est pays ennemi.

En Flandre, rencontrant dom Paul Barthélémy, Lequel portait à Mons le produit d'un vignoble Qu'il venait de' toucher pour le chapitre noble, Vous avez mis la main sur l'argent du clergé.

DON CÉSAR

En Flandre ? — il se peut bien ; j'ai beaucoup voyagé. ^ — Est-ce tout ?

DON SALLUSTE

Don César, la sueur de la honte, Lorsque je pense à vous, à la face me monte.

DON CÉSAR

Bon; laissez'la monter.

DON SALLUSTE

Notre famille. ••.

DON CÉSAR

Non;

Car vous seul à Madrid connaissez mon vrai nom. Ainsi ne parlons pas famille !

DON SALLUSTE

Une marquise Me disait l'autre jour en sortant de T église : « Quel est donc ce brigand qui, là-bas, nez au vent, . , , i, . .Se carre, Fœil au c^uet et la hanche en avant, {■: Plus délabré que Job et plus fier que Bragance,

Drapant sa gueuserie avec son arrogance, Et qui, froissant du poing sous sa manche en haillons L'épée à lourd pommeau qui lui bat les talons, Promène, d'une mine altière et magistrale.

Sa cape en dents de scie et ses bas en spirale ? »

DON CESAR , jetant an coup d*œil sur sa toilette.

Vous avez répondu : c C'est ce cher Zafari ! »

DON SALLUSTE. i^

Non ; j'ai rougi, monsieur.

DON CESAR

Eh bien, la dame a ri.

Voilà. J'aime beaucoup faire rire les femmes.

DON SALLUSTE

Vous n'allez fréquentant que spadassins infâmes !

DON CÉSAR

Des clercs des écoliers doux comme des moutons I

DON SALLUSTE

Partout on vous rencontre avec des Jeannetons !

DON CÉSAR

O Lucindes d'amour ! ô douces Isabelles !

Eh bien, sur votre compte on en entend de belles l Quoi ! l'on vous traite ainsi, beautés à l'œil mutin, A qui je dis le soir mes sonnets du matin !

Page 1