‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 104 sur 108 · SCÈNE XI ET DERNIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE XI ET DERNIÈRE

JOSÉPHINE, Mademoiselle A VRILLON,

puis NAPOLÉON

MADEMOISELLE AVRILLON

Mon Dieu! Ma pauvre maîtresse !... (BHesoutientfoséphine

et cric :) Au Secours !... (Napoléon parait au fond.) NAPOLÉON, entrant.

Quels sont ces cris?... Qu'y a-t-il?

MADEMOISELLE AVRILLON

Ah ! voyez, Sire ! Son sang coule !... Elle se tue.

NAPOLÉON

Vite, Corvisart, allez, et pas un mot ! Mlle Avrffloh sort

rapidement, Napoléon s'avance les bras tendus vers Joséphine.) Qu'as-tu

fait? Ah! folle!... Dans quel état te mets-tu? Mon Dieu!

JOSÉPHINE, reculant.

Ne me touche pas... Va-t'en ! Laisse-mourir.

NAPOLÉON, s'avançant encore.

Mais se peut-il, voyons ?...

JOSÉPHINE Lâche !... (Elle ramasse la couronne et la lui jette.) Tiens, répU-

die-moi et épouse-la, ton Autrichienne ! Elles ne réussissent pas en France ! (Napoléon chasse du pied la couronne.)

NAPOLEON

Outrage-moi. De toi, j'accepte tout .. Mais... pas celle blessure saignante! Oh! le sang de ma Joséphine! Qu'est-ce qu'un champ de bataille ! (il la prpnd.)Ma tendre amie!... Ah! viens!... C'est affreux!...

JOSÉPHINE, se laissant aller.

Ingrat... ingrat... ingrat...

NAPOLÉON tombe a~sis. il l'attire sur lui. il lui étanche le front, puis les cheveux, puis les yeux.

Mon pauvre front si pur!... Mes doux cheveux!... Mes yeux chéris !... Ne me maudis pas .. Pardonne-moi...

Plains-moi aussi... Je t'aime... (Sa voix s'étrangle, Il presse sa poitrine à mains crispées, el pousse à intervalles prolongés trois sanglots pareils aux bruits «l'une horloge qui se romprait a l'intérieur : « Oh! Ooli ! Ooh : • Sur le dernier sanglot Joséphine se dresse, terrifiée. Napoléon renverse le visage, des larmes lui jaillissent des \eux. il pleure immobile el face au public.)

JOSÉPHINE

Des larmes ! . . . Les premières ! . . . Napoléon ! ... Ne pleurez pas, Sire, ils le sauraient dans la Grande Armée !... Va, je ne veux pas que tu souffres, tu ne dois pas

Souffrir, toi ... Elle court à la table, y signe fiévreusement l'acte.

Voilà ce que tu veux de moi. J'ai signé!... (Elle revient

s'abatlreà ses pieds.)

NAPOLÉON, la relevant.

Ah ! ma bonne Joséphine !

Fi IDEAL'

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