‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 13 sur 108 · LA RUE DE LA HAUTE EN · texte numérisé non relu

LA RUE DE LA HAUTE EN

La toile du fond profile la perspective de cette antique rue sorbonnique. serpentueuse et montante, pittoresquement coupée de rampes, d'escaliers tournants et d'escarpements, où les auvents, les gargouilles et autres saillies dessinent leurs ombres. Un joli ciel printanier, dentelé par les pignons et les toitures variées du vieux Paris, éclaire gaiment le tableau. — La scène figure un carrefour élevé de la rue. sur la montée. — Le carrefour est borné à l'extrême plan par une balustrade dominant le bas en contrescarpe, ou l'on descend et d'oii l'on monte par des degrés dont les premiers sont visibles aux spectateurs. Mais il y a d'autres issues latérales à droite et à gauche de plain-pied, celles-là. avec la seène. Au premier plan, à gauche, un banc de pierre, adossé à la muraille d'une encoignure de ruelle sous une lanterne qui se balance, ostensiblement. Cette ruelle traversière est censée se prolonger à droite devant la maison de Roland qui occupe l'autre coin. — Cette maison, de belle apparence et de vieux style, s'avance un peu en pan coupé, vers le centre de la scène. — C'est dans ce pan coupé qu'est la porte d'entrée, belle porte ouvragée, avec son marteau de cuivre sur la plaque. Par ce reirait, elle laisse à droite comme une petite place dans l'autre, et c'est sur cette petite place que s'ouvre l'échoppe du savetier Vermasse, également portier de l'immeuble. L'échoppe est assez vaste et entièrement vitrée. La porte, toujours béante, est au niveau du sol et sans marches. —L'enseigne est ainsi libellée : A... Créjrin, la place du mol saint, ayant été grattée. Et au-

dessus : Vermasse, portier, cordonnier et écrivain public patriotiques. Parlez aux trois. — Au-dessus de la porte de l'a maison de Roland, un large balcon en avancée arrondit son élégant belvédère décoré de drapeaux et de fleurs aux trois couleurs. — Toutes les ouvertures du carrefour : portes, fenêtres, baies de boutiques, sont pavoisées, elles aussi, et ornées de cartels en l'honneur de Voltaire. — Sur les uns on lit : « A Voltaire, tyrannicide i » Sur d'autres : « A Voltaire, prisonnier de la Bastille ! » — etc., etc. Le décor doit donner la sensation ambiante d'une fête publique doublée d'un jour de chùma/e, car c'est Dimanche et le jour de la translation des cendres de Voltaire au Panthéon.

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