‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 59 sur 108 · BONAPARTE, LUCIEN- LUCIEN · texte numérisé non relu

BONAPARTE, LUCIEN- LUCIEN

C'est moi. Je débarque du coche. Comment vas-tu ?

BONAPARTE

Tu vois. Merci. Et là-bas'?

Rien de nouveau. La famille est toujours à Antibes. sauf Joseph, qui est allé tenter la fortune à Gênes et n'y réussit pas. Moi, je '< sans-culottise » Marseille. Mais j'ai reçu ta lettre. Qu'y a-t-il J?

BONAPARTE, s'asseyant.

Écoute et juge. Depuis Toulon, j'ai l'épée au fourreau. Je végète dans l'inaction et l'obscurité. Ma solde de général de brigade expédiée à notre mère, il me restait, pour subsister, mon emploi à la topographie,

PLUS QUE REINE i"o

dans les paperasses. Or, il paraît qu'on va me retirer mon grade, parce que j'ai refusé d'aller en Vendée. Vous n'aurez plus de pain. Je n'arrive moi-même à soutenir mon rang à Paris que grâce à la bourse de quelques amis, tels que Junot et Marmont, et tu vois l'état de ma garde-robe. Il s'agit d'en finir. J'en ai assez des méfiances de la République et, tranchons le mot, de son ingratitude.

Oh! oh! déjà?

LUCIEN

BONAPARTE

Elle ne sait pas ce qu'elle veut. Elle ignore où elle va. Après m'avoir rappelé de l'armée d'Italie, mis en arrestation, on ne sait pourquoi, et relâché de même, grâce à toi, du reste, ils me demandent un plan de campagne pour ladite armée. Je le leur fais et l'envoie à Pontécoulant. Ils l'enterrent dans les cartons. Et tout est dit?...

LUCIEN

Ta gloire se dégage à peine de la brume.

Je ne me plains pas, j'agis. Voici. Pour organiser l'artillerie turque à Constantinople, le Sultan demande à la Convention un officier de l'arme. Ma requête est au Comité du salut public. On l'examine en ce moment, je le sais. J'ai toutes les chances.

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