‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 26 sur 135 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

IIERMIXIE, seule.

Suis-je donc si piteuse comédienne que ma femme de chambre me lise dans l'àme à livre ouvert?... Dieu sait ce qu'elle pense de moi, cette fille. Elle me jauge à sa mesure. Elle m'apporte des journaux anglais pour me distraire... pour me consoler! Me consoler! Pourquoi ne les lirais-je pas ces journaux, d'ailleurs? Est-ce que j'ai peur de moi ? Allons donc ! M. de la Tournelle est presque un homme public, tout le monde a le droit de s'occuper de lui, de ses dangers, de son courage, tout le monde. Excepté toi, pourtant, Herminia !... Je ne vois plus clair en moi-même. Mon cœur est troublé. Qui donc me rendra la clef de ma conscience? (S'adressant à la psyché.) Toi, peut-être, miroir dans lequel je n'ai jamais rougi. — Voyons. (Elle prend les journaux.) Sa tête est mise à prix... Mais il est accoutumé aux pièges de cette espèce. Il y joue sa vie tous les jours. Il s'est évadé d'une prison turque terriblement gardée. Ils ne le prendront pas... Comme ton sein bat, Herminie. — Que dit-on de lui dans ces journaux?... (Elle ni.) Ah! son nom... son nom

imprimé là ! Pierre de la Tournelle ! . . . (Elle se regarde ci

se dresse.) J'ai rougi ! Je l'aime alors? C'est fini? Non, ce n'est pas possible, je n'en suis pas là!... Oh! toi, glace

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perfide, je vais te briser. (On frappe à la porte.) Oui est là ?. ..

VIRANDOT. du dehors.

Moi, Herminie... Votre beau-frère. C'est grave... (il ouvre.) Puis-je entrer?...

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