SCENE IV Les Mêmes AGATHE
AGATHE
Ah ! il est ici ! il ose se montrer chez les honnêtes gens. (A Yirandot.) C'est vous, monsieur?
VIRANDOT
Oui, madame.
HERMINIE, ii Agathe.
Calme-toi, Agathe. Le pauvre garçon est consterné. Il jure qu'il est innocent, ne va pas trop loin.
AGATHE, à Herminie.
Laisse-moi faire, et prends une leçon de mariage, pendant que tu y es, tu en as besoin. (Haut.) Puisqu'il est acquis désormais que vous ne m'avez épousée que pour ma dot...
VIRANDOT
Comment! pour ta dot, je suis plus riche que toi !
AGATHE
Raison de plus !... et puisque l'incompatibilité entre
nous va jusqu'à l'adultère, je me déclare libre. Je mets la clef de ma chambre à coucher au bout d'un fil, et je la laisse pendre dans la rue. Trop bonne encore de vous donner celte dernière preuve d'affection et de vous rendre cette indépendance dont vous êtes ivre. Nous ne sommes plus désormais que deux amis. Adieu, mon cher ami.
V1RANDOT
Mais puisque je te dis... tu peux bien me pardonner puisque je ne suis pas coupable. Si j'étais coupable, je comprendrais que tu ne me pardonnasses point. Mais puisque je ne le suis pas, pardonne-moi,
AGATHE
C'est captieux.
VIRANDOT
Captieux ! Et puis enfin, il y a nos mioches, nos pauvres mioches. Agathe, tiens, à genoux, pitié, pardon, j'ai tort, je ne le ferai plus.
AiiATIIE
Relevez-vous !... Grande bête, va! (Elle rit.)
YlIl.VNDOT
Ah ! petite femme chérie ! Il n'y a que toi. Il n'y a que toi!
AGATHE
Sauve-toi maintenant, et à la Chambre ; j'ai à causer avec Herminie. Allez, monsieur !
VIRANDOT
Si j'y vais"? J'y parlerai! (il sort.)
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