‹ Théâtre (volume 3)Chapitre 91 sur 135 · SCÈNE III ENGUERRANDE. MÉLIBÉE, LE PÊCHEUR · texte numérisé non relu

SCÈNE III ENGUERRANDE. MÉLIBÉE, LE PÊCHEUR

LE PÊCHEUR

Hardi, mademoiselle, et du gaillard d'avant !

ENGUERRANDE 241

C'est bon. Soutenez-la de bâbord, camarade. Deux vieux valent un jeune.

(Us assoient Enguerrande . )

Eh ! nous mouillons en rade.

MÉLIBÉE

Comment vous sentez-vous, princesse?

ENGUERRANDE

Mieux, merci.

Sous ces linges pleins d'eau j'ai tout le corps transi. Du feu.

LE PÉCHEUR

Quelque follet alimenta mon àtre, Il flambe encore. Entrez. — La cabane est noirâtre, Et moins bonne à loger des hôtes de haut rang Qu'à chauffer le grillon et fumer le hareng. Mais vous y serez mieux, fussiez-vous moins vêtue Que notre roi Jean Trois ne l'est sous sa statue Dans la charnbre.de marbre où sa Majesté dort; Car la cendre qu'il fait, il la fait, étant mort, Lui-même ; et celle-ci du moins nous vient d'un hêtre.

ENGUERRANDE

Nous sommes en Sicile ?

le PÉCHEUR

Autant qu'on peut y être.

Mais on y vient souvent par des bateaux moins laids Que le vôtre, j'entend? votre cage à poulets.

MÉLIBÉE

Reposez-vous, ma chère et vaillante Enguerrande Je vais pourvoir à tout.

ENGUERRANDE

Pêcheur, que Dieu te rende Ton service au centuple.

(Elle s'enferme.)

LE PÊCHEUR, riant.

Il ne tardera pas !.., Mais si vous m'en croyez vous mettrez habit bas Et vous vous sécherez, sauf le respect, ma reine, Comme si vous n'étiez qu'une simple sirène.

(Ils sortent.)

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