‹ Théâtre (volume 5)Chapitre 46 sur 67 · SCÈNE VI GÉRALDINE, TACOMAN, PEPETTA, puis YALENTIN · texte numérisé non relu

SCÈNE VI GÉRALDINE, TACOMAN, PEPETTA, puis YALENTIN

PEPETTA, accourant.

Au lapin, madame, au lapin!

(Valentin entrant.)

Ah!

TA.COM AN

Oui.

VALENTIN

Dans la situation où nous sommes, je ne sais pas si Ton dit : Monseigneur ou monsieur, mais je sais que je suis chez moi et que je vous prie d'en sortir. Je suis à vos ordres pour le reste.

GÉRALDINE

Oh ! Valentin, à son âge !

TAGOMAN

Le duel! Nous l'avons en Chaonie, seulement ce n'est qu'au yatagan. Vous ne savez pas le yatagan. Moi, je le sais. Mais la constitution chaonienne m'en interdit formellement l'usage hors des champs de bataille. Cependant, si vous y tenez, j'ai Scandervitch. Il a juré de mourir pour moi.

VALENTIN

C'est trop commode de ne pouvoir se battre.

TAGOMAN

Pardon, je le peux, mais à la tête de mes peuples, et seulement contre la France toute entière... Vous ne le voudriez pas. Quanta ma présence, je vous devais une visite.

VALENTIN

A moi?

Vous me direz que je pouvais parfaitement vous faire adresser mes aigles pour mon ambassade; mais vous avez été mon hôte, j'ai tenu à vous les apporter moi-même, (il lui tend une décoration. Valentin lui tourne le dos. Il met la décoration sur

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la table.) Elle est fort belle, celte épure. C'est un puits arté-

sien

Pour la Corse, oui.

VALENTIN

TACOMAN

Vous avez beaucoup de talent. Lorsque vous aurez épousé M11'' de Girolles...

VALENTIN lève les épaules.

Ah! assez!

Que vous aimez...

Mais, monsieur!...

TAGOMAN

Pourquoi vous en défendre? Cela crève les yeux. Vous l'aimez, et elle vous aime, elle aussi. Oh! de toute son âme...

Mais, monseigneur...

VALENTIN

TACOMAN

Es'.-ce que vous en douteriez? En ce cas, je puis vous rassurer, elle vient de me le dire à moi-même, la chère enfant.

VALENTIN TAGOMAN

A vous?

Avec des larmes.

GÉRALDINE, à Pepetta.

Ah! tu l'entends. Pepetta, des larmes!

TAGOMAN

Je disais donc qu'une fois unis et réukiis par celui qui sait

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ce qu'il fait et qui vous a erres visiblement l'un pour l'autre...

De toute éternité. '

TAGOMAN

... S'il vous plaisait de me rendre ma visite.

VALENTIN

Moi, sire?

TACOMAN

Oh! pas vous seul... Tous les deux, madame Valentin Gourdan et vous.

VALENTIN

Où cela, vous la rendre?

TACOMAN

Là-bas, chez moi... Il y a du travail en Chaonie pour les hommes de votre capacité, et quoi qu'il arrive, j'y durerai bien encore .. trois ou quatre mois... Je compte me défendre! Du reste, à quelle date, votre mariage!

VALENTIN

Je n'ai qu'une réponse à vous faire. La voici : j'aime Géraldine!

TAGOMAN

Pas plus que moi, je vous assure.

VALENTIN

Vous m'obligerez de cesser. La situation est pénible, et autant pour votre Majesté que pour moi-même.

T \COMAN

Oh! moi, j'ai l'habitude des difficultés diplomatiques. Mais un dernier motavant de descendre du trône. (A Géraldine.) Vous permettez, chère amie? (Ilattire Vatentin àl'écaxt.) Gagnez beaucoup d'argent, vous en aurez besoin.

VALENTIN

Permettez, ceci, c'est mon affaire.

TAGOMAN

Vous n'aurez pas le temps de le placer.

VALENTIN

Ah mais...

TAGOMAN

Faites-lui lire de bons auteurs.

VALENTIN

Lesquels?

TAGOMAN

Ceux qui pratiquent le beau langage! Et puis...

VALENTIN

Et puis?

Gardez Pepetta.

Pourquoi faire?

TAGOMAN

VALENTIN

TAGOMAN

Vous aimez l'ordre... Pour ranger! (il va à Géraldine.) Adieu, Madame. (Il lui prend la main pour la baiser. A Valentin.) Ne regardez pas! (il lui baise la main.) Mon cher baron, à l'avantage. (Il va au fond avec Pepetta. — Un silence. — Tableau. A Pepetta.)

Fidélovitch?

PEPETTA

Sire ?

TAGOMAN

Je vous avais promis les Beaux- Arts.

PEPETTA

En Chaonie, oui.

TACOMAN

(Il montre Valentin et Géraldine chacun à un bout de la scène.)

Je crois que vous les avez!

PEPETTA

Vive le roi !

(Tacoman et Pepetta sortent.)

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