SCÈNE VI GÉRALDINE, TACOMAN, PEPETTA, puis YALENTIN
PEPETTA, accourant.
Au lapin, madame, au lapin!
(Valentin entrant.)
Ah!
TA.COM AN
Oui.
VALENTIN
Dans la situation où nous sommes, je ne sais pas si Ton dit : Monseigneur ou monsieur, mais je sais que je suis chez moi et que je vous prie d'en sortir. Je suis à vos ordres pour le reste.
GÉRALDINE
Oh ! Valentin, à son âge !
TAGOMAN
Le duel! Nous l'avons en Chaonie, seulement ce n'est qu'au yatagan. Vous ne savez pas le yatagan. Moi, je le sais. Mais la constitution chaonienne m'en interdit formellement l'usage hors des champs de bataille. Cependant, si vous y tenez, j'ai Scandervitch. Il a juré de mourir pour moi.
VALENTIN
C'est trop commode de ne pouvoir se battre.
TAGOMAN
Pardon, je le peux, mais à la tête de mes peuples, et seulement contre la France toute entière... Vous ne le voudriez pas. Quanta ma présence, je vous devais une visite.
VALENTIN
A moi?
Vous me direz que je pouvais parfaitement vous faire adresser mes aigles pour mon ambassade; mais vous avez été mon hôte, j'ai tenu à vous les apporter moi-même, (il lui tend une décoration. Valentin lui tourne le dos. Il met la décoration sur
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la table.) Elle est fort belle, celte épure. C'est un puits arté-
sien
Pour la Corse, oui.
VALENTIN
TACOMAN
Vous avez beaucoup de talent. Lorsque vous aurez épousé M11'' de Girolles...
VALENTIN lève les épaules.
Ah! assez!
Que vous aimez...
Mais, monsieur!...
TAGOMAN
Pourquoi vous en défendre? Cela crève les yeux. Vous l'aimez, et elle vous aime, elle aussi. Oh! de toute son âme...
Mais, monseigneur...
VALENTIN
TACOMAN
Es'.-ce que vous en douteriez? En ce cas, je puis vous rassurer, elle vient de me le dire à moi-même, la chère enfant.
VALENTIN TAGOMAN
A vous?
Avec des larmes.
GÉRALDINE, à Pepetta.
Ah! tu l'entends. Pepetta, des larmes!
TAGOMAN
Je disais donc qu'une fois unis et réukiis par celui qui sait
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ce qu'il fait et qui vous a erres visiblement l'un pour l'autre...
De toute éternité. '
TAGOMAN
... S'il vous plaisait de me rendre ma visite.
VALENTIN
Moi, sire?
TACOMAN
Oh! pas vous seul... Tous les deux, madame Valentin Gourdan et vous.
VALENTIN
Où cela, vous la rendre?
TACOMAN
Là-bas, chez moi... Il y a du travail en Chaonie pour les hommes de votre capacité, et quoi qu'il arrive, j'y durerai bien encore .. trois ou quatre mois... Je compte me défendre! Du reste, à quelle date, votre mariage!
VALENTIN
Je n'ai qu'une réponse à vous faire. La voici : j'aime Géraldine!
TAGOMAN
Pas plus que moi, je vous assure.
VALENTIN
Vous m'obligerez de cesser. La situation est pénible, et autant pour votre Majesté que pour moi-même.
T \COMAN
Oh! moi, j'ai l'habitude des difficultés diplomatiques. Mais un dernier motavant de descendre du trône. (A Géraldine.) Vous permettez, chère amie? (Ilattire Vatentin àl'écaxt.) Gagnez beaucoup d'argent, vous en aurez besoin.
VALENTIN
Permettez, ceci, c'est mon affaire.
TAGOMAN
Vous n'aurez pas le temps de le placer.
VALENTIN
Ah mais...
TAGOMAN
Faites-lui lire de bons auteurs.
VALENTIN
Lesquels?
TAGOMAN
Ceux qui pratiquent le beau langage! Et puis...
VALENTIN
Et puis?
Gardez Pepetta.
Pourquoi faire?
TAGOMAN
VALENTIN
TAGOMAN
Vous aimez l'ordre... Pour ranger! (il va à Géraldine.) Adieu, Madame. (Il lui prend la main pour la baiser. A Valentin.) Ne regardez pas! (il lui baise la main.) Mon cher baron, à l'avantage. (Il va au fond avec Pepetta. — Un silence. — Tableau. A Pepetta.)
Fidélovitch?
PEPETTA
Sire ?
TAGOMAN
Je vous avais promis les Beaux- Arts.
PEPETTA
En Chaonie, oui.
TACOMAN
(Il montre Valentin et Géraldine chacun à un bout de la scène.)
Je crois que vous les avez!
PEPETTA
Vive le roi !
(Tacoman et Pepetta sortent.)