SCENE II Les Mêmes, JACQUES
GERMAINE, allant à Jacques.
Mais ce n'est pas ton jour. Qu'est-ce qui arrive ?
JACQUES, gaîment.
Moi ! Bonjour, maman, comment vas-tu ?
LAURE Et toi, mon chéri ?
JACQUES
Tu vois, un chêne ! (il l'embrasse.) C'est ma sœur, cette jolie femme ? Tu me le jures?
GERMAINE
Voyons, taquin.
(Elle lui tend la joue.)
JACQUES Non, tu deviens trop jolie ! Je te lâche ! (Germaine lui saute au cou.) Est-ce vrai, ça, maman, que nous nous ressemblons Germaine et moi ?
LAURE Qui dit cela?
JACQUES
Un aveugle.
Un aveugle ?
JACQUES
• De profession, Philippe.
LAURE
Il doit s'y connaître.
JACQUES
Alors, tu as de très beaux enfants.
LAURE Très beaux et très bons.
JACQUES
Que serait-ce, bon Dieu, si nous étions du même lit ! On nous 'montrerait pour deux sous, comme des Siamois.
GERMAINE
• Oh ! que tu es bête ! Mais tu sais, toi, une fois mariée, je te... (Geste de l'évincer.) balance !
JACQUES
Je viendrai voir mes neveux ou nièces. En attendant, je t'enlève...
GERMAINE
Moi ? Où !
JACQUES
Une tournée, rue de la Paix, chez les bijoutiers.
GERMAINE, battant des mains.
Oh ! que tu es gentil, Jacques !
JACQUES
En auto..! (Geste de Laure). Oh ! du quatorze à l'heure, ne crains rien. Va te mettre des bleuets dans les blés ; je t'attends ici, auprès de maman.
GERMAINE
Quel bonheur ! Tiens, je te pardonne !
(Elle sort.)