SCÈNE IV LE BERGER, TËLAMON (il entre
TÉLAMON
lerger, n'as-tu pas vu courir par les ravines [ne vierge pareille aux dryades divines? Ule me fuit tandis que je lui cours après. 'arle ou sache comment on se change en cyprès Kl and celle que l'on aime est muée en gazelle.
(Il s'assied,
ion âge ?
LE BERGER
TELAMON
Elle a seize ans.
LE BERGER
Alors, ce n'est pas elle, )ui, sous les oliviers par Vulturne tordus, 'éplore au souvenir de ses attraits perdus.
'erdus ?
TELAMON LE BERGER
Elle les a laissés dans la fontaine.
TÉLAMON, il se lève. [âge, dépuins-la moi : blonde, brune ou châtaine?
LE BERGER
Sous la neige on voit mal de quels tons ont été Les bois, d'or en automne et de jade en été !
TÉLAMON
Néère serait blanche ? As-tu l'esprit lucide?
(Daméta passe et disparaît.)
LE BERGER
Je ne sais pas si c'est ta Néère?... Décide.
TÉLAMON
Cette aïeule ?
LE BERGER
L'as-tu regardée avec soin?
TÉLAMON, montrant la source.
A-t-elle?... Oh non?
LE BERGER
Parfois une nymphe a besoin De fuir un faune ! Et puis, on la dit si méchante Que tout ce qui désole un amoureux l'enchante.
TÉLAMON
Si femme que l'on soit, l'est-on jusqu'à ce point?
LE BERGER
Àh! pour ncius tourmenter que ne font-elles point!...
À quel but, selon toi, tendrait le stratagème?
LE BERGER, en oracle.
On n'est jamais aimé de la femme qu'on aime,
Dit le trépied!
(Il remoute vers le fond.)
(Le crépuscule jette ses feux )
Voiei l'heure trouble où les monts
S'infestent par milliers de ces mauvais démons
Qui, clans l'oreille et sous la prunelle éblouie,
Nous dépravent la vue et nous faussent l'ouïe.
TÉLAMON
Fable pour les enfants, l'hiver, au coin du feu!
LE BERGER
Retrouve ta Néère intacte, c'est mon vœu, Car il n'est trahison pire que la vieillesse !
(Daméta revient.) Moi, je vais rallier mes chèvres, et te laisse.
- (Le berger sort en jouant de la flûte.)