‹ ThéâtreChapitre 109 sur 121 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

L'ABBÉ, seul.

Le rebouteux est mort... Il n'y a plus que Blondel et moi qui sachions... Pauvre Honoré ! tout est fini !... (il se met au prie-Dieu.) Seigneur Dieu, pour la première fois depuis vingt ans, je m'agenouille sans espoir devant vous; pour la première fois, je ne vous adresse plus ma prière quotidienne : Sauvez la famille et le nom d'Argeville!... Votre volonté s'est révélée terriblement ce soir et nous avons cessé d'être agréables à vos yeux. Mon sacrifice très humble n'a pas trouvé grâce devant vous et vos serviteurs séculaires sont enfin condamnés. Etait-ce donc péché d'orgueil que d'espérer renouer la chaîne rompue des aïeux, et de quoi nous châtiez-vous et pourquoi votre main est-elle si lourde?... (Entre Honoré}) Seigneur, soyez clément et daignez me rappeler. Ma tâche

320 THEATRE D'EMILE BEBGERAT

stérile est remplie et l'erreur de ma vie a trop duré de toute celle de mon espérance. Seigneur, j'ai l'âme triste et le cœur désolé... Miserere !

Il pleure.

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