K VA
Ma conversation ne t'ennuie pas, petite mère, tu veux bien m'écouter encore "î
CLOTILDE, l'embrassant.
Si je le Veux ! attends ! (Elle vide les lettres du tirQir dans la cheminée.)
ÉVA
Que fais-tu donc, maman ?
CLOTILDE
Je vide ce tiroir, mon ange, pour y faire place à tes baisers ! Ah ! cela est bon ! je me sens revivre, moi! Est-ce que je vais être heureuse à mon tour ? Ah ! mon Éva ! ah ! mon trésor ! ah ! ma fille !... (Elle l'embrasse avec
fureur.)
Tu pleures, maman, mais tu pleures! Je t'ai encore fait du chagrin.
CLOTILDK
Je pleure de joie, mon enfant. Oui, toi seule es pure et belle ! Toi seule es digne d'être aimée. C'est toi que j'aimerai ! c'est toi qui seras ma vie et mon unique souci. Je t'ai négligée, je t'en demande pardon. J'étais aveugle, vois-tu ; tu m'as rendu la lumière. Je vois, je t'aime, embrasse-moi, appelle-moi ta mère !
ÉVA
Pauvre maman ! je devine : tu étais malheureuse.
CLOTILDE Ah ! oui, va ! mais cela est fini, bien fini. tEiie sourit.) Tiens, voilà l'arc-en-ciel !
(Cinq heures sonnent. — Entre Mauvilain.)