SCENE VII ÉVA, JACQUES, MAU VILAIN
MAUVILAIN
Restez, restez, mes enfants! C'est votre ramage italien, n'est-ce pas'.' je le connais; j'en étais! Il n'y manque, hélas! qu'un peu de soleil ! Bonjour, ou plutôt honsoir, mon gendre.
JACQUES
Ah ! monsieur, je suis au comhle du honheur !
MAl'YU.AIN
Moi aussi, mon ami ! Mais avouez tout de même que je suis d'une bonne pâte de père. Vous m'avez pris par mon faible, vous êtes un malin, vous! Quand on aime ma fille, je deviens tout bête! Savez-vous pourtant, jeune homme, que j'ai été très jaloux de vous '.'
JACQUES
De moi, monsieur, quand donc cela '.'
MAI "VILAIN
Pendant le voyage, à Vérone !
ÉVA A Vérone, petit père !
MAUVILAIN
Oui, petite fille! J'étais là, mes enfants, cela vous attrape, caché derrière les amandiers, dans l'ombre, comme un brigand... de père. Ma foi! j'ai pleuré de bon cœur en vous écoutant, et c'est ce soir-là, mon cher Roméo, que le père Capulet que voici vous a donné votre Juliette.
JACQUES
J'en bénis votre jalousie, cher monsieur.
MAUVILAIN
Et vous avez raison ! Ah ! c'est beau la jeunesse ! Je me souviens avoir beaucoup aimé ma femme, moi aussi, mais du diable si j'aurais pu le lui dire de ce style-là. Il est évident que les filles doivent trouver cela irréfutable puisque les pères s'y laissent prendre. Mais c'est égal, c'est très beau, et j'ai été jaloux !... Et pourtant, je vous le dis, j'adorais Mme Mauvilain.
JACQUES
Excusez-moi, monsieur, mais est-ce que la mère de M"° Éva est indisposée ? ne me présenterez-vous pas ?
MAL" VILAIN
Dans cinq minutes, mon ami ; elle va descendre pour le dîner.
EVA
Oh ! je n'ai pas faim, moi ! et toi, père ?
M AL VILAIN
Moi je ne sais jamais cela qu'à table. A propos, j'avais
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prié qu'on nous servît à l'italienne, ce soir ; va donc voir, petite, si on n'a pas oublié mes ordres. Monsieur permet, c'est un peu pour lui...
JACQUES
Vous êtes le meilleur des hommes !
ÉVA
Oh ! la bonne idée, père ! Mais j'aurai faim, moi, alors ! (Elle sort.)