SCÈNE PREMIÈRE MAL" VILAIN, puis LAURENT
MAUVILAIN, seul à lalile, écrivant ; il sonne. Entre Laurent.
Mon ami, voulez-vous avoir l'obligeance de porter vous-même cette lettre à son adresse ? vous demanderez M. Cerny, et la lui remettrez en mains propres. Vous pourrez revenir sans attendre la réponse ; il n'y en a pas.
LAURENT
Monsieur, y aurait-il indiscrétion à vous demander comment va mademoiselle, aujourd'hui ?
MAUVILAIN
Beaucoup mieux, mon ami, merci. Elle est sauvée, et se lève aujourd'hui pour la première fois ; à votre retour, vous la verrez dans ce salon, elle va y descendre.
LAURENT
Ah ! monsieur, quelle vie, ici ! depuis un mois ! Nous passons nos journées à pleurer, à l'office! Mais vous.
l'ÈUE ET MARI 97
mon pauvre monsieur, vous avez les cheveux tout blancs !
M AU VILAIN
J'ai beaucoup souffert, oui. Mme Mauvilain est en haut ?
LAURENT
Oui, monsieur, dans la chambre de mademoiselle. Elle ne l'a pas quittée une minute depuis sa maladie !... Elle aussi fait peine à voir, la chère dame ! Mais quel dévouement, monsieur ! c'est admirable ! Il n'y a qu'une mère pour de pareils soins !
MAUVILAIN
Mme Mauvilain n'a fait que son devoir, mon ami.
LAURENT
Oh ! c'est égal, monsieur, c'est à elle que nous devrons la vie de mademoiselle, et elle pourra dire qu'elle la lui a donnée deux fois.
Allez, je vous prie, la lettre presse.
LAURENT
Je cours, monsieur, le temps seulement de leur dire à l'office que mademoiselle est sauvée !
(Laurent sort.)