‹ ThéâtreChapitre 63 sur 121 · SCENE PREMIERE BANDRILLE, BOULE VARDIERS et COCOTTES · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE BANDRILLE, BOULE VARDIERS et COCOTTES

BANDRILLE, à cheval sur une chaise, au milieu d'eux.

Alors, c'est décidé ! Tas d'ingrats ! Vous retournez à Paris, vous plantez là l'ami Bandrille !... Encore, ù mes petits, si votre éducation était terminée ! mais vous voletez à peine !... Vous faites cuï cu'i dans vos plumes, vous n1avez ni voix, ni ailes !... C'est du joli !...

SCIPION

Mais, mon cher, ce n'est plus tenable ici : une vraie température de four à plâtre ! Le gril de saint Laurent sur le bûcher de Guatimozin, nous germons ! Le ventre nous fleurit et le dos nous bourgeonne... nous devenons caroubiers, cactus, aloès, comme dans Ovide... Il faut être raisonnable !

JULES

D'ailleurs, tout le monde file ; il n'y a plus ici que des professeurs de martingales. Les croupiers s'endorment

ANGE BOSANI 16o

visiblement dans les salons solitaires, autour des tapis verts incandescents : ils raclent machinalement, et pour la forme, des rayons de soleil fondu : les cartes s'enflamment entre leurs doigts et la bille se fige dans la roulette en fusion... Que voulez-vous qu'on fasse?

BANDRILLE

Est-ce qu'il fait réellement chaud ? je n'ai pas encore vu de melons! (On rit.) Non, mais vous êtes des êtres extraordinaires : vous avez chaud avant tout le monde. Moi, je fais encore du feu, et j'espère bien ne cesser que lorsque le thermomètre marquera : sauterelles.

Page 1