SCENE III
Les M km es. HÉLÈNE, en amazone.
HÉLÈNE, sur le seuil.
Est-ce là l'effet que je produis sur ces bonnes gens ? Tous les chants s'éteignent ! Tous les danseurs s'écartent ! Je ne me savais pas si redoutée. Où suis-je, ici, messieurs ?
BLONDEL, très noble, mais simple.
Mademoiselle, soyez la bienvenue dans cette vieille
ferme normande, où beaucoup de vos aïeux se sont reposés quelquefois, Vous m'honorez d'en passer le seuil. Voici mes deux enfants, Isole et Philippe. Je m'appelle Blondel.
HÉLÈNE
Vous semblez connaître ma famille, monsieur?
BLONDEL
Votre père, le comte René, était un brave, mademoiselle ; sous des dehors un peu brusques, il cachait une âme très sensible et très bonne. Il revit en vous, je l'espère. Il m'a été donné, dans ma jeunesse, d'approcher M. le duc Honoré, votre tuteur et votre oncle. Quant à M. Michel, le marquis, curé de notre paroisse, il a été le premier précepteur de mon fils. Vous êtes chez vous.
HÉLÈNE, on fille de bon ton.
Vraiment, je ne sais comment vous présenter mes excuses de cette invasion. Je préfère vous dire la vérité. Je passais à cheval le long de cette muraille, j'ai entendu des cris d'allégresse, de jolies chansons, et le bruit que font les gens joyeux. Je n'avais jamais vu d'assemblée normande et je suis entrée dans la métairie. Mes deux oncles me suivent cependant, et je ne suis qu'à demi folle, si je suis tout à fait indiscrète.
BLONDEL, même jeu.
Votre visite me prouve qu'il manquait quelque chose à la fête. Je vous remercie de la compléter. Permetteznous de vous laisser avec la maîtresse du logis, Isole ne céderait à personne l'honneur de vous servir.
Blonde! et Philii>i>c saluent Hélène qui leur fait une révérence. PHILIPPE, en sortant, à Blondel.
Je n'aime pas cette jeune fille.
BLONDEL, riant.
Mais tu n'es pas forcé de l'aimer, que je sache !
Ils sortent.