‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 110 sur 170 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

FouRNiER. — Hein ! Qiien dites-vous !

Alphonslne. — Manon n'a pas d'IiériticM's qui puissent nous tracasser?

René. — Aucun.... C'était une enfant trouvée.

Alphokslne. — Grâce à Dieu, nous voilà tranquilles î

René. — Quelle chance tout de même.

FouRMER. — Ah! oui, par exemple!

Madame Roger, d'un ton de reproche. — Mes enfants !

René. — Quoi?

Madame Roger. — Cette malheureuse qui vient de mourir I

Reisé. — Eh bien! oui, je sais, c'est mal de nous réjouir de sa mort. Mais enfin, là, la main sur la conscience, on me demanderait si j'en suis affligé, je répondrais : non. Ne soyons pas hypocrites!

Alphoksiine. — Nous serions bien bons de nous apitoyer sur son sort.

FouRNJER. — Elle n'était pas tellement intéressante 1

René. — En somme, si elle avait moins roulé sa bosse, et moins noce, elle n'aurait pas claqué si vite. C'est moi qui aurais été particulièrement navré qu'on nous reprît notre galette.

Madame Roger. — Pourquoi?

René. — Parce qu'il m'en faut. Je te dirai ça, tout à l'heure, dans le tuyau de l'oreille.

Ali'honsine. — M(>s amies se seraient-elles assez réjouies de ma mi'saventurc!

Marie.» — Je pensais surtout à mon mariage.... Je le voyais indéfiniment retardé.

FoLRMER, protestant. — Oli ! Mademoiselle Marie, comment pouvlez-vous supposer une chose pareille!

Madame Roger. — Ce qui m'inquiétait, c'était de voir père obligé de reprendre son travail.

106 LE BIEN D'ACTRUI.

FoLR.MER. — Ah! fichtre, sa santé ne le lui permet pas.

Madame Roger. — Prévenons-le.

René. — Annonçons-lui la bonne nouvelle.

Marie. — Oui, tout de suite....

lis remontent tous.

Madame Roger. — Je ne l'ai pas entendu depuis votre départ. Pourvu que ces émotions ne l'aient pas trop secoué. ,0n essaye d'ouvrir la porte du fond.) Ah I c'est lui .

Four>ier. — Il est enfermé.

Resé. — C'est vrai. La clé.... Passez-moi la clé.

On la cherche, Alpho-nsi.ne. — Eh bien, où est-elle?

Fourmer. — Vous devez l'avoir, Alphonsine. Map.if. — Moi? Non.

La voix de Roger . — Marthe !

Foup,>'iER. — Mais si, je vous l'ai donnée. Madame Roger. — Oui.... M. André te l'a donnée. Marie. — Elk n'est pas sur la cheminée ?

Alpho.NSI^E, cherchant. — Non.

Marie, à René. — Tu l'as peut-être prise par mégarde. Re.né, se fouillant. — Xon.... Je ne l'ai pas.... (A Fournier.) Et VOUS ?

FouRMER. — Moi, non plus, parbleu I... Cherchonsla.... Demandez-la à la bonne....

Voix DE Roger. — >iarthe Voyons.... Qu'y a-t-il?

Madame Rogef;. — Je viens, mon aiui... (Se retournant.) Mais cette clé, où donc est-elle? '

Four.nier. — Sacrebleu de sacrebleu! où l'avons-nous fourrée.... Parterre, peut-être....

RE-NÉ, qui s'est mis à quatre pattes. — Non.

Alpho>>i>e. — La voilà... sur la table,

l!s se mettent tous à rire.

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