ACTE DEUXIEME. t>G
poursuivre... ta place n'est pas ici.... Rentre chez toi...
Vale.ntine, près de Jean. — Tii ne nous sépareras pas maintenant.
Armières. — Mais....
Madame Armières, suppliante. — Henri, brisons cet entretien.
Armières. — Tu as raison; il n'est ni dans mos goûts ni dans mes habitudes de soutenir des discussions de ce genre et de ce ton.
Jean. — Oui, évidemment, je m'exprime vulgairement et sans délicatesse. Je ne suis pas un homme distingué, un polytechnicien. Je ne suis que le fils d'un gatzart. Au lieu de me former aux belles manières, mon père m'a appris à gagner ma vie. J'ai travaillé avec des ouvriers. Il n'a pas dépendu de moi que j'eusse une autre éducation.
Madame Armières. — Jean!
Jean. — Mais j'ai des sentiments plus honnêtes que mon langage. Si j'étais marié, je ne payerais pas mes dettes avec la fortune de ma femme.
Mouvement violent d'Arroièrcs.
Madame Armières. — Au nom du ciell
Armières, se maîtrisant. — Il est heureux que je me souvienne que je suis chez moi et qui vous êtes et que je veuille épargner une scène douloureuse à votre mère.
Jean. — Oh! il est commode de se tirer d'affaire avec de grandes phrases, mais pour moi, qui suis spolié....
Armières. — Monsieur!
Madame Armières. — Jean!
Jean. — Oui. C'est le seul mot qui convienne. Nous sommes spoliés à votre profit.
Armières. — Monsieur... assez... veuillez vous retirer.
Madame Armières. — Yalentine, emmène ton frère.
270 LA MAISO>' D'AIIGILE.
Jea-\. — C'est bien... je pars.... Je venais dans les plus conciliantes intentions. Mais, puisqu'au lieu d'être reçu comme j'aurais dû l'être je suis traité en étranger, puisqu'on refuse nettement de s'entendre avec moi, je sais ce qu'il me reste à faire.
Armières. — Hé.... Ce qu'il vous plaini.
Jean. — J'agirai en homme d'affaires qui n'a personne à ménager. De ce pas, je me rends chez le Directeur des Aciéries. Quand il connaîtra vos embarras d'argent, nous verrons s'il ne réduit pas son offre à moins de six cent mille francs.
Armières. — Mais je n'ai pas besoin d'argent.
Jean. — Allons donc! on connaît votre situation. Vous êtes à la veille de déposer votre bilan.
Armières, avec un cri, à sa femme. — Tu m'as trahi !
Madame Armières, à Jean. — Vous ne ferez pas cela!
Valemine, à Jean. — Viens!., viens!...
Armières. — Sortez, monsieur, sortez!
Madame Armières, éperdue, se jette entre les deux hommes, Valcntine essaye d'entraîner son frère.
Jea.x. — Oui.... Mais nous nous retrouverons. Vous aurez moins d'arrogance quand vous ne serez plus qu'un, failli. . . quand. . . . Tout ce qui suit doit être dit en même temps.
Valexti>e, qui fait sortir son frère. — Viens ! viens !
Madame Armières, à Armières. — Tais-toi. Ne réponds pas. (A Jean.) Je VOUS supplie de partir.
Armières. — Sortez.... Laisse-moi... sortez, monsieur, sortez !
Madame Armières. — Jean!... Henri!... Par pitié.... Jean !
rideau.