ACTE TROISIÈME
Madame Aumilres mère. — Plus bas I Elle me suit.... Armières. — Alors? Tu peux parler devant Ternanu.
Madame Armières mère lui prenant les mains.
Madame Armières mère. — Mou pauvre Henri !
Armièrks. — Elle refuse?
Madame Armières mère. — Il lie faut pas lui en vou loir... le scène de tantôt l'a si profondément troublée ! Les reproches de sa fille, surtout, l'ont émue. Elle pleure. Elle s'eiïraye à la pensée de perdre à jamais laffectioii de Valentine, en les dépouillant, elle et son frère, pour te sauver. Peut-être s'inquièle-t-elle aussi de l'avenir pour elle-même... et pour toi.... Si elle donne le peu qui lui reste... comment vivrez-vous?... Enfin, je n'ai pas osé insister auprès d'elle.... Elle a besoin de se reprendre... de mettre un peu d'ordre dans les idées qui tournoient dans son esprit.
Armières. — Bien ! Bien I
Madame Armières mère. — Mais qu'arriverait-il s Marthe s'obstinait?...
Armières. — J'ai prié Ternand de faire une démarch auprès du directeur des Aciéries.
Madame Armières mère. — Qu'espères-tu?
Armières. — Que Jacquier versera la somme promise
Madame Armières mère. — Vous croyez?...
Ternand. — Dame... oui....
Madame Armières, à son fils. — En cas di besoin, cepen dant.... Je ne suis pas riche, tu le sais.... Mais que me fnut-il pour vivre ?
Armières. — Mère, je le remercie...jc n'aurai pas à faire appel à ta générosité, rentre chez toi, tranquillement et, (juand tu reviendrait, je t'apprendrai qqe nos affaires sont arrangées.... Viens, je vais te mettre ton manteau...
Comme ils vont sortir, entre Madame Armières ti es pâle et le visa décom}x>sc. Un silence.
Ternanp, allant à elle et lui serrant la main. — Ma cllère
amie....
Madame Armières. — Vous savez?,., (il fait signe queoui. Vous vous rappelez notre conversation d'hier. Je me plaignais de ne l'avoir pas vu depuis vingt ans.... Eh bien,
il est venu Et voilà.... Elle s'assied en pleurant.) Voilà.
Armières. —Marthe!...
Madame Armières, aprèsun silence. — Valenline n'est pas là?
Armières. — Non.
Madame Armières. — Elle est là-bas... auprès de lui... et ne reviendra pas.... Elle me hait maintenant.... Et c'est ma faute... ma faute....
Ter:sa>d. — Voyons, du courage. . . . Vous passez par une rude épreuve.... Vous en avez subi les plus pénibles heures ; et demain, je vous apporterai une heureuse nouvelle.
Madame Armières. — Hélas, nonl... mon ami.... J'en ai la certitude... je n'ai pas encore souffert toute ma passion, ni gravi tout mon calvaire.
Madame Armières mère, l'embrassant. — Au revoir, Marthe.
Madame Armières. — Ah! je suis bien malheureuse 1 Au revoir!
Mme Armières mère remonte et va pour sortir. Valentine entre. Mouvement de tous les personnages. Mme Armières se lève. Mme Armières mère sort suivie par Armières et Ternand.
Terî(a::«d, en sortant. — Bonjour, Valentine. Valentine. — Bonjour, monsieur Ternand.