‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 18 sur 170 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

Klodd, — Mettez-le sur la table. (A Cbavard.) Pourquoi tous ces gens dans rantichainbre?

Chavard. — Ils demandent M. le baron.

Klobb. — M. de Thau ne reçoit pas aujourd'hui, nous avons conseil.

Chavard. — Ils insistent pour être reçus.

Klobb. — Leurs figures ne me reviennent pas. Qu'est-ce qu'ils veulent?

Chavard. — Je ne sais pas, monsieur l'administrateur... c'est la première fois que je les vois... ici.

Entrent le baron de Thau, Carrier, Yernières.

Carrier. — Bonjour, Klobb.

Serrements de mains.

Klobb. — Bonjour. Je vous attendais.

Le Baron. — Vous êtes arrivé hier soir?

Kloeb. — Par le rapide de onze heures. J'avais hâte... avec tous ces mauvais bruits....

Le Baron. — Oui... oui.... Nous allons en parler. J'ai réuni le conseil tout exprès.

Carrier, à Yernières. — Et pour discuter votre rapport, hein? Le fameux rapport aux actionnaires où nous confondrons nos adversaires et nos détracteurs.

Le Baron, qui relire son pardessus. — J'ai VU le Compte rendu de la fête que vous avez donnée à Hyères. Très belle idée, très noble, cette fondation d'un sanatorium

pour les petits SCrofuleUX. (H lit les cartes que Léon lui

remet.) Paul Brau, directeur de la Financière \ Baro, ancien député; Merlier, agent d'affaires; Klein journaliste; Toulier, publiciste. Je ne peux pas recevoir ces messieurs, renvoyez-les... poliment.

Entre Chauvelot.

Carrier. — Ah! nous voici au complet. Arrivez donc,

Chauvelot.... on n'attend plus que vous.... Vous venez de la Bourse?

Chauvelot. — Oui. J'y ai laissé Briamie qui nous aviserait si quelque incident....

Klobb. — Jusqu'à présent, rien de fâcheux?

Chauvelot. — Non.... Rien....

Le Baron, qui aperçoit Léon qui rode dans la pièco. —

Qu'est-ce que vous faites là, vous?

Léo>-, vivement. — J'arrange le feu.

Le Baron. — C'est bien, sortez I

Léon sort. Le Baron fait un geste pour inviter les administrateurs à s'asseoir autour de la table. On s'assied.

LE BABO>:, VERMÈRES, CHAUVELOT, KLOBB, CARRIER

Le Baron. — Messieurs... nous ne sommes pas en Conseil d'administration. Passons sur les formalités ordinaires.... C'est une séance exceptionnelle où je n'ai convoqué que les membres du Comité.

Klobb. — Voyons, il faudrait arrêter celte campagne infâme entreprise contre la Nouvelle-Afrique par des spéculateurs dont les manœuvres jettent la panique dans le public. Je suis absent depuis trois semaines. Renseignez-moi. La nouvelle d'un soulèvement en Mauritanie, d'où est-elle venue?

Carrier. — Vous le demandez? D'Urth a lancé ce canard dans la Quotidienne son journal.

Vermères. — Malheureusement, l'événement n'a rien d'invraisemblable. Je serais désolé, mais non surpris, s'il était avéré.

Carrier. — C'est un conte à dormir debout.

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