ACTE DEUXIÈME
Yernières. — Alors
Enlre Léon.
Le Baron. — Encore?
LÉON". — M. d'Angerville demande à voir ces messieurs.
Le Baro:>. — Qu'est-ce qu'il veut? Un moment... nous sommes occupés.
Léon sort.
Klobr. — Mon cher Vernières, j'ai le même sentiment que vous de notre responsabilité; je ne vois pas de danger cependant à rassurer les actionnaires et à leur faire même les plus éblouissantes promesses. Si nous avons eu des mécomptes, nous pouvons avoir des coups de fortune qui nous permettraient de distribuer les dividendes qu'on attend. Supposez qu'on découvre des mines d'or.
Vermères. — On n'en a pas trouvé.
Chauvelot, intervenant. — Mais les terrains qui nous appartiennent, ces trois millions d'hectares qui nous furent gratuitement concédés, qu'en faites-vous? Ils ont bien une valeur, une valeur que notre illustre collègue Yeurettes a calculée. Prenant exemple sur d'autres terrains traversés par une ligne ferrée ou un canal maritime, Yeurettes a établi, prouvé, qu'à la plus modeste estimation, les nôtres vaudraient....
Yernières. — Combien?
Chauvelot. — Cinquante-cinq milliards!
Carrier. — Fichtre 1
YeriMères. — Yeurettes se moque-t-il du monde?
Ch.\uvelot. — Mon cher, Yeurettes est un économiste éminentl 11 est membre de l'Institut. D'ailleurs son opinion est appuyée de preuves et il tire ses conclusions de raisonnements scientifiques.
Vernières. — C'est avec ces jongleries de chiffres qu'on amuse et qu'on abuse le public. Voulez-vous faire état de ces billevesées? J'entends lire un rapport sérieux; par conséquent....
Carrier. — Vous auriez l'intention de montrer la situation sous son vrai jour?
Verrières. — Sans doute.
Carrier. — Vous n'y pensez pas!
Klobr. — Faire le jeu de nos adversaires !
Chauvelot. — Prenez garde que vos scrupules excessifs, que votre sincérité intransigeante n'amènent une catastrophe.
Vernières. — .J'ai toujours cédé jusqu'à présent. Mais aujourd'hui, vraiment la situation est telle....
Carrier. — Nous voilà bien.
Klobb. — Comment allons-nous nous tirer de là?
Le Baron. — Voyons, messieurs. (Au moment où il va parler, sonnerie au téléphone, de mauvaise humeur.) Ail ! il va à
l'appareil. ) Allo ! Ah c'est VOUS, Briannel.... Oui... justement... d'Angerviile vient d'arriver.... Je ne lai pas encore vu.... Qu'est-ce que vous dites?... Non.... Je n'ai pas reçu de dépêche...,. Une baisse? Cent francs?
(Tous les administrateurs se lèvent.) Pourquoi? Une attaque?
Un soulèvement?... Mais c'est fou! ... Il faut démentir. Il est trois heures.... La Bourse ferme.... Nous enverrons une note aux journaux.... Merci.
Il quitte l'appareil et, pendant que tout le monde p;u'le à la fois, il appelle Léon.
LeBarox, à Léon. — Faites entrer M. d'Angerviile.
Tocs. — Cent francs. — Une attaque? Lelierre nous aurait avisés. — C'est une manœuvre des baissiers. — Comment Brianne est-il averti? — C'est un coup de