ACTE DEUXIÈME
minée. On l'enioure.) J'ouvre les avis. Si le fait de cette attaque se trouve confirmé, si, à mesure qu'on construit la ligne, des fanatiques la détruisent, quel parli prendre ?
Klobb, — Mettons l'empereur en demeure de protéger nos ouvriers et nos travaux. Il a une armée.
Le Barox. — Une armée de rebelles.
Carrier. — Augmentons nos forces de police.
Le Baron. — Et les frais? M. Vernières les trouve exagérées. Allons-nous envoyer, entretenir trois mille hommes de plus?
Klobb. — L'empereur nous doit la sécurité. On nous moleste. Des déprédations sont commises, le sort de la Nouvelle-Afrique se trouve compromis, qu'il paye des dommages-intérêts.
Le Baron. — Vous chargez-vous d'aller les réclamer?
Klobb fait un geste d'effroi.
D'Angerville. — Le contrat attribue compétence aux tribunaux français pour connaître des griefs réciproques, faisons un procès.
Le Baron. — Le bon sens le voudrait. Mais, en affaires, un acte raisonnable est souvent dangereux. Supposé qu'on obtint gain de cause, comment exécuter le jugement? Ne craignez-vous pas d'irriter un despote qui nous tient dans ses mains ? N'a-t-il pas des revanches faciles? Et si, le procès fini, il ne reste pas mille mètres de rails intacts? Si notre prochain emprunt ne trouve pas de souscripteurs? Si, dès demain, actionnaires, obligataires, jettent sur le marché leurs titres, les vendent dans un coup de panique? ^Belle avance d'obtenir des dommages-intérêts pour une compagnie en faillite l
Vernières désespéré, levant les bras. — Alors ! Alors ! Alors ! Tome H. 3
bO LES VENTRES DORES.
Le Baron, avec mi clignement d'yeux à Chauvelot. — ^^ÂlOF>S...
il faudrait troirver... quelque chose... une solution élégante... ingénieuse... qui nous tirerait d'embarras sans nous coûter un sou....
Carrier. — Tout simplement.
Un silence.
Le Baro>'. — Voyons, Cliauvelot, que proposez-vôus ? Votre avis ?
Chauvelot. — H y a cinq mois, quand Négou-Abdou s'est jeté en Mauritanie, j'ai prévu ce qui arrive. Dès ce moment, j'ai cherché à résoudre le problùme, qui fatalement devait se poser un jour.
Le Baron. — Vous l'avez résolu?
Chauvelot. — Je crois. Mais on n'a pas le choix dei moyens, un seul est bon !
Carrier. — Eh bien, lequel? Dites, qu'est-ce qu'il peut faire?
Chauvelot. — Obtenir une intenention du gouvernement.
Le Baron. — Voilà.
Vebnières. — Du gouvernement français ?
Chauvelot. — Sans doute.
Carrier. — Oui, nom d'un tonnerre, une expédition! Qu'on aille casser la gueule à tous ces inoricauds I
D'Angerville. — La guerre?
Le Baron. — Oh! non, pas la guerre!
Klobb. — Malheureusement! car la guerre, ce serait le protectorat, l'annexion, la population accrue, le commerce rendu plus actif, les recettes du chemin de fei^ doublées.
Chauvelot. — Ah 1 la guerre 1... Au premier coup de canon, les actions monteraient de cent francs!...
Vermères, auJjarou. — Et VOUS comptez que le gouver-