ACTE DEUXIEME
II nous le donuera. Gela ne fait pas queslion. Mais il faut l'obtenir sur-le-champ, c'est la difficulté. Le temps nous presse. Or, le gouvernement n'entrepreEdra rien sans être couvert par un vote de la Chambre.
D'ÂNGERviLLE. — Si l'ou faisait porter la question à la tribune? Après s'être assuré une majorité favorable, s'entend.
Verrières. — En huit jours?
CuAuvELor. — Huit jours m'onl bien suffi, il y a vingt ans, pour jeter la confédération balkanique Skir la principauté du Danube.
Klobb. — D'ailleurs nous trouverons des dévouemenis tout prêts à la Chambre. J'étais dernièrement dans la salle des Pas Perdus, beaucoup de députés m'ont expi'iméleur sympathie pour la i\ouvelle-A unique.
CiiAuvELOT. — Nous ne pouvons confier le soin de plaidei' notre cause qu'à une personnahté ou à un chef de groupe, qui parlerait au nom d'un certain nombre de ses collègues.
D'Angerville. — Oui... mais... Quel groupe?
Chacvelot. — EliMen... celui des intérêts commerciaux?
Tous. — En effet... 11 a raison... Ce sont nos hommes.
Chacvelot. — Les membres qui le composent viennent de tous les partis de la Chambre. Ce sont -des gens séneux qui ne font pas de politique. Ils ne s'occupent que d'affaires. Si, après échange de vues, ils décident d'intervenir pour nous, le procès est gagné.
Le Baron. — Combien de députés d^ns ce .gro4.ipe?
ÛHACVELOT. — Quarante.
Le Baron. — 11 nous faut vingt et une voix.
Caimuer. — Mouchon en fait partie?
CiiAuvFi.oT. — Oui. Poudrier aussi.
54 LES VENTRES DOIltS.
Carrier. — Poudrier? Ce brave homme, père d'une innombrable postérité ?
Chautelot. — Il conviendrait d'organiser une petite enquête sur chacun de ces messieurs.
Verni ÈRES. — A quoi bon?
Chauvelot. — Pour savoir comment on peut... les... intéresser à l'affaire.
Versières. — Qu'entendez-vous pas là?
Chauvelot. — Dame!... Ce que vous entendez vousmême....
Vernières. — Ahl Chauvelot... vraiment... pas ça!
Chauvelot. — 11 faut bien faire quelque chose.... On nous met dans la nécessité de nous procurer des appuis. Assurons-nous-en comme nous pourrons. Ferions-nous les délicats avec des adversaires déterminés et sans scrupules?
Le Baron. — C'est eux, j'en jurerais, qui nous créent ces embarras en Mauritanie. Cette révolte est leur œuvre. Je vois leur main dans ces événements. Et je leur laisserais la liberté de.... Mais nous sommes en légitime défense..,. Tous les moyens sont bons. Ceux-ci vous déplaisent? Trouvez-en d'autres, s'il y en a.... J'en doute.
Vernières. — Nos actionnaires n'ont pas donné leurs fonds pour l'usage que vous voulez en faire.
Klobb. — Ils les ont donnés pour recevoir des dividendes.
Vermères. — Ils n'autoriseraient pas....
Chauvelot. — Tout! S'ils y trouvent un bénéfice. Ils jugeront notre gestion sur ses seuls résultats. Sont-ils bons? On couvrira nos actes.
Vermères. — La raison n'est pas suffisante pour en commettre qui seraient incorrects.