‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 26 sur 170 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

D'AiNGERviLLE. — Noti'e dcvoii' est de défendre les intérêts dont nous avons la garde.

Yernières. — Mais enfin, si nous sommes d'honnêtes gens....

GiTAuvELOT. — Nous souimes des financiers, nous agissons en financiers, suivant les plus étroites règles de la morale financière. Pas un seul financier qui n'approuvât notre conduite.

Yerimères, bas. — Hé !.. vous faites de nous une société de corruption !

Klobb. — Oh! mon cher, vous avez toujours de gros mots à la bouche.... Il ne s'agit pas de devenir ce que vous dites... mais de rendre service à des gens qui peuvent nous rendre service à leur tour... comme nous l'avons fait jusqu'à ce jour... et de façon bien discrète.

Le Barg-x, à Yernières. — Comme vous, je blâme ces procédés. Nous entrons dans une voie dangereuse, je le sais. Mais je n'oublie pas que nous avons deux cent mille petits préteurs à défendre contre les entreprises du baron d'Urth et de sa clique. D'ailleurs, si vous connaissez l'art de vous créer gratuitement et par la seule force de la persuasion, des sympathies agissantes, essayez-en.... Mais vous verrez les résultats.

Yernières. — On ne pourrait donc administrer une société dans la prospérité ou la défendre quand elle est attaquée que par des pratiques condamnables?... Allons donc! Ce pays n'est pas comme une caverne! Nos actionnaires ne sont pas des coquins. Les journaux ne vivent pas de maltôte. Et quant à la Chambre, il ne faut pas créer une légende. Je sais ce qui se passe. J'y ai été. Elle n'est pas peuplée de malhonnêtes irens.

Chalvelot^ se récriant. — Ah I je l'espère bkn!.. sans ça, ils nous ruineraient.

Léon rentre portant deux dêpêdics qu'il remet au baron.

Tous, entourant le baron. — Des dépêches ! — Enfin, des nouvelles. — Lisez vite. — De qui sout-elles?

Le baron, an moment de les décacheter, s'aperçoit que Léon ôst resté au fond. Il lui fait signe, Léon sort.

Le B.\R0N, décachetant la première dépêche. — Notre agent

d'El Goléa.

Tous. — Parle-t-il de la révoUe?... Est-ce vrai?

Le B.vron, qui a lu. — Tout est vrai!

Carrier. — Négou-AMou? Les tribus?., la voie détruite?... Tonnerre de tonnerre!...

Verrières, navré. — Oh!

Il tombe assis.

D'A.NGERviLLE. — Quelle situation!

Klobb. — Ce d'Urth !

Carrier, au baron. — Ne pouviez-vousle laisser crev^er autrefois quand il était dans la misère? Vernières. — Que faire?

Grand silence de découragement. Le baron décadiette machinalement l'autre dépêche... Il chancelle. Il poussse un ori. On l'entoure.

Le BarO-N. — Mon fils... blessé!... (Puis brusquement transporté, agitant la dépêche comme un drapeau, il crie.) L'expédition... Texpédition... nous tenons notre expéditioir!

Tous. — Poui^quoi ? Qu'est-ce qu'on dit?

Le Baron. — Cette dépèche... de mon ami le colonel Tricot.... Mon fils Georges blessé... dans une rencontre avec Négou-Abdou (triomphant), qiii est revenu en Algérie avec une tribu Mauritane.

CiiAuvELOT. — Les Mauritans ont passé la frontière!

D'Angerville. — Attaqué nos soldats!

Page 1