‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 28 sur 170 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Le cabinet du Président.

GllAUVELOT, D'ANGERVILLE

(CiiACVELOT est assis, D'angerville agité et fiévreux va et vient en mâchonnant un cigare. Soudain on entend au dehors une runaeur confuse. D'Angerville va à la fenêtre, regarde dans la roc, puis laisse brusquement retomber le rideau qu'il avait soulevé. Il lève les bras au ciel et recommence sa promenade.)

Cmauvefx)t. — Ne vous agitez pas ainsi, mon arai.

D'AsGERviLLE. — Je ne peux pas rester en place. Je vous admire. Vous avez un flegme!

Chauvelot. — L'habitude. Dans vingt ans vous serez comme moi

D'ANGERVILLE. — Ah! non! La Nouvelle-Afrique est bien la dernière affaire où... si ce que nous espérons... si je.... Enfin! depuis cinq jours je ne vis plus.

Chauvelot. — Nerveux à ce point.

D'ANGERVILLE. — Celle série d'événements.... Négou- Abdou, la séance d'avanl-hier à h\ Bourse... celle

dhier.... Que va-l-il se passer aujourd'hui. (H tire si montre.) Une heure moins dix.

Chauvelot. — Dans deux heures, à la clôture de la Bourse, notre sort sera réglé.

D'A.NGERviLLE. — Ail! CCS hcures d'attente, grosses de péril 1 Ces alternatives d'espoir et de craintes... ces hauts et ces bas... (Montrant la fenêtre), les cHs de ces gens. 11 me semble que je suis sur le pont d'un bateau un jour de tempête.

Chauvelot. — Les vieux marins ne détestent pas ça.

D'Angerville. — Pourquoi Vernières n'est-il pas arrivé! Et de Thau? Et Klobb?

Chauvelot. — Klobb est à la Chambre. Il travaille.

D'Angerville. — On discute l'interpellation Mouchon après-demain. L'expédition sera-t-elle votée?

Chauvelot. — Mais oui, mon bon ami.... Rassurezvous.... La France interviendra en Mauritanie.

D'Angerville. — Vous croyez?

Chauvelot. — Sans doute. La violation du territoire algérien, ce guet-apens de Béni Abbés, le meeting de nos actionnaires, de nos obligataires, leurs pétitions, les articles des journaux, tout cela a produit son elTet.

D'Angerville. — Ça nous coûte assez cher ! Pourvu que la Nouvelle-Afrique existe encore dans quarantehuit heures !... Ah ! les brigands ! Amener une pareille baisse sur nos titres !

Ghau\^lot. — Oui, les journées d'hier et d'avant-hier ont été mauvaises pour nous.

D'Angerville. — Parbleu ! Avec l'odieuse campagne entreprise par les baissiers, les histoires qu'ils racon- (cnt, les faux bruits qu'ils colportent! Us veulent la e hute de la Compagnie, c'est clair.

Chauvelot. — Dame! pour eux, pour le baron dUrlli ,

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