ACTE TROISIÈME. Cl
pour tous nos adversaires, il est capital que la Nouvelle- Afrique soit en faillite avant que le Parlement ait pu s'occuper d'elle. Ils veulent nous obligera déposer notre bilan avant le vote de la Chambre.
D'AiNGERviLLE. — Ah! ça, par exemple!
Chauvelot. — Hé!... oui.... Pour des spéculations do Bourse, ils ont fomenté une révolte en Mauritanie. Nous avons riposté à la manœuvre en essayant d'intéresser le gouvernement à notre sort. Ils y répondent à leur tour en s'efîorçant de nous supprimer avant que le gouvernement nous ait pris sous sa protection. De là la fureur avec laquelle ils nous attaquent depuis cinq jours. Ils vont donner le dernier assaut aujourd'hui. C'est indiqué. Ils jouent le jeu. A nous d'envoyer la contreriposte.
D'Anger VILLE. — C'est ce que nous avons fait, car aujourd'hui ils trouveront, à la Bourse, des gens décidés à leur tenir tête..,. Ah! pourquoi n'avons-nous pas pris cette décision-là plus tôt?
Chauvelot. — Dès le premier jour, j'ai dit qu'on serait obligé de la prendre.... Avais-je tort?
D'Angerville. — Hé!... Sans Vernières.... Pourvu qu'il ne fasse pas de sottises ! Il est capable de nous mettre encore des bâtons dans les roues.
Chauvelot. — Oh ! maintenant !...
D'Angerville — Mais avcz-vous vu comme il s'est débattu hier?... et son opposition entêtée au projet... vous avez beau dire, je crains....
Chauvelot. — Avec cet honnête homme, on est toujours sur le qui- vive.
Cris dans la rue.
D'Aisgerville, à la fencire. — Quoi ! quoi ! quand ils resteraient là jusqu'à ce soir, plantés sur leurs jambes,
02 LES VëXTRES DORES.
le nez en l'air!... Voyez !.,. Il y a cinq cents personnes au moins.... Jusqu'à des femmes.... Tous ne peuvent pas être des actionnaires ou des obligataires.... Oualors ils feraient mieux d'aller manifester devant la Chambre.... Qu'espèrent-ils? Nous n'avons rien à leur apprendre.... Joli effet, ce rassemblement devant l'hôtel ! El si de fâcheuses nouvelles viennent de la Bourse, les scènes d'hier von? recommencer. Ah ! les journées de panique ! Encore si l'on pouvait leur annoncer une hausse aujom^d'huil... Vous y croyez, vous, à. la hausse?
GuAU^'ELOT. — Dame, nous avons fait le nécessaire.
(Entre le baron de Thau par la petite iwrte.) Ail! de Thau I
Le Baron. — Bonjour.
D"AîS"GERviLLE. — BonjouT.
Le Baro^. — Vernières n'est pas arrivé?
Ghauvelot. — Pas encore.
Le Baroît. — S'il n'est pas là dans dix minutes, vous partirez à sa recherche.
D'A.ngerville. — Pourquoi? Qu'a-t-il fait?
Le Baron. — Rien, rien, mais peut-être devrons-nous prendre dans un instant des décisions graves. Sa présence est nécessaire.
Chauvelot. — Quoi? La Bourse? Que fait-on?
Le Baron. — Mauvais début. Très mauvais.
Chauvelot. — On baisse toujour* ?
Le Baron. — Toujours, d'Urth et sa bande vendent à tour de bras pour nous démolir aujourd'hui.
D'Angerville, saisi, — Hs veuleut ?
Chauvelot. — C'était prévu,
D'Angerville. — Et la Bourse de Bruxelles?
Le Baron. — On ne savait rien à midi et demi^
D'Angerville. — Si nous téléphonions à Brianne?