ACTE TROISIÈME. C
Chauvelot. — Nos actionnaires.... Us entrent. D'Ange n VILLE, allant à lai fenêtre. — Mais qu'est-CG qu'ils viennent faire ici?
CliAlVELOT,^ remontant à Fa porte du fond pour regarder au
dehors. — Ça les rassure de voir les employés derrière leurs guichets. Ils se convainquent que nous ne sommes pas en fuite.
Le Baron, à Klobb qu'il a pris à part. — L'interpellation tient pour après-demain? Vous aurez fini vos démarches ?
Klobb. — Hé!...
Le Baron. — Combien avez-vous de voix? (Klobb dit un chiffre à voix basse.) Pas plus ? Si je ne VOUS connaissais pas, |e croirais que vous i^us y prenez mal. Des gens sérieux au moins, ayant de l'influence?
Klobb. — Non, malheureusement ; ceux qui sont certains de n'être pas réélus.
Le Baron. — Vous m'inquiétez.
Klobb. — Oh ! beaucoup de députés sont partisans d'une démonstration navale ou militaire. Ils voteront par conviction.
Le Baron. — Pom'vu qu'ils votent!
Klobb. — Et j'ai un rendez-vous, ce soir, avec le comte Jacques, président des Comités réunis, qui a aidé beaucoup de ces messieurs lors des dernières élections.
Le Baron, satisfxiit. — Ah !
Klobb. — Seulement, je vous avertis, la Chambre a été mal impressionnée par la baisse d'hier. Elle ne peut pas donner son appui à une compagnie qui périclite. Ce serait suspect.
Le^ Baeo^. — Dans deux jours, nos actions auront remonté, il le faut.
Klobb, plus bas. — Dites-moi. Voici des pièces, des
talons de chèque... des billets... oh! vagues, naturellement.... Je ne me soucie pas de les garder. Si on les brûlait?
Le Baro5, les prenant. — Non. Pas «Hcore. Il sera temps après-demain.
Il va les mettre daus le coffre-fort.
D'A>GERviLLE, à la fenêtre. — Il en vient d'autres, toujours, de tous les côtés.
Chauvelot. — Ils sont donc bien inquiets? Mauvais signe.
D'Angermlle. — Se passerait-il quelque chose que nous ignorerions ?
Chalvei.ot. — Quoi?
D'A-NGERviLLE. — Jc nc sais pas. Ce coup dont parlait
Klobb.
Chavard entre par le fond.
Le Baron. — Qu'y a-t-il, Chavard?
Chavard. — Tous les fournisseurs, tous les entrepreneurs sont venus, hier, ce matin, apporter leurs mémoires. Ils prétendent avoir besoin d'argent. Natm^ellement, je leur ai dit que l'administrateur-délégué est absent de Paris, de façon à gagner quelques jours.
Le Baron. — Faites-les appeler et payez.
Chavard. — Oh I monsieur le baron veut....
Le Baron. — Payez sans vérifier les mémoires, sans chicane.
Chavard. — Il me faudrait les signatures de deux de ces messieurs.
Entrent Yernicres et Robert.
Le Baron. — Ah!... Enfin.... Vous voilà... je voiis attendais. Vous vous en doutez peut-être?
Vernières. — J'ai rencontré mon frère qui....
Robert. — Oui... à cause de tous ces bruits qui courent, je venais aux renseignements.