‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 39 sur 170 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

U.NE jilune dame, du lond. — M. l'arrier ! . .. Je veux voir

M. Carrier.

Ra5do, rcmouiani. — Mais iion, madame

Ghauvelot, à dAngerville. — Venez téléphoner du

cabinet du caissier ; d'ici, c'est impossible.... (Pendant

qu'ils sortent tous les doux entre la jeune dame qui aperçoit Carrier.)

La jeune dame. — Ah ! te voilà!

Carrier. — Pourquoi es-tu venue? Nous sommes en conseil... file!

La jeune dame, furieuse. — Ils sont jolis les tuyaux que tu m'as donnés !

Carrier. — Tais-toi I

La jEUiNE DAME. — Tu ni'âs fait acheter de ta sale valeur!

Carrier. — Chut !

La jeuxe dame. — Oui ne vaut rien.

Garriïr. — Ne dis pas ça!

La jeune dame. — Si ! je le dirai ! je le repéterai! je le crierai! Elle ne vaut rien, rien... rien! Mais ça ne se passera pas comme ça. Je ne veux pas qu'on me vole. Tu me rendras ma galette et tu les reprendras tes chiffons de papier.

Carrier. — Oui... mais tais-toi, pour Dieu, ne fais pas de scandale....

[| la fait sortir et sort avec elle par la petite porte à droite pendant qu'une foule, hommes et fenmies, entrent par le fond.

Klobd, qui était reraorrté pour empêcher qu'on entrât. — On

n'en Ire pas. C'est lo cabinet du Président. Nous avons à travailler.

Tous. — Le baron de Thau? Où est M. le baron de Thau?

Klobb. — Il va revenir.

Le curé. — On dit qu'il est mort! ..

Le caissier. — Qu'il s'est suicidé î

Klobb. — Ils en ont menti!...

La petite dame. — Regardez ce journaL... Lisez!

Klobb. — C'est un mensonge....

Le commerçait. — Pourquoi n'est-il pas là?...

Klobb. — Il vient de partir pour la Bourse.

Le commerçant. — Et par où est-il passé? Nous ne l'avons pas vu.

Klobb. — On vous dit qu'il va revenir. Sortez!

Vernières. — Nous l'avons envoyé chercher.

Le curé. — C'est bien vrai, monsieur? Il n'est pas mort? Il n'est pas en fuite?

Verrières. — Non? Je vous raffirme, moi, Vernières.

Le commerçant. — Ahî... monsieur Vernières, vous êtes un brave homme, vous.

Le vieillard. — Vous ne vous laisserez pas spolier?

La vieille dame. — Sauvez-nous, monsieur!

Le vieillard. — Nous n'avons d'espoir qu'en vous.

Le caissier. — Si nos titres baissent, je suis perdu... monsieur... je suis caissier.

Le curé. — Vous avez toutes mes économies....

La petite dame. — J'ai donné tout ce que j'avais, moi aussi et on a tant de mal à mettre quelques louis de côté.

Le commerçant. — Mais pourquoi avez-vous conslruit des chemins de fer, creusé des ports?

Le caissier. — Ce sont des travaux inutiles.

Le vieillard. — Où vous avez englouti des millions.

La petite dame. — J'ai apporté mon argent pour qu'on découvre des mines d'or !

Le commerçant. — Payera-t-on nos coupons?

Le vieillard. — Dites-nous que nous ne perdrons rien

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