‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 40 sur 170 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Vbrnikres. — Hien.... Nous achèverons les travaux!

Le vieillard. — C'est bien sûr? Vous nous le proiiettez?

L'homme crédule. — Le Gouvernement prendra nos iitérêts en mains.

L-\ ACTÏON.NAIRE, il entre l'urieux, suivi dune foule de personnes .

— Les administrateurs? Où sont-ils? Ils se cachent?

Klobb. — Qu'est-ce que vous voulez? Vous n'allez pis faire de bruit ici, allez-vous-en !

L'actio-v.vaire. — Je suis actionnaire. Nous sommes ciez nous! Cet hôtel est à nous... ces meubles sont à n)us... payés avec notre argent.

Klobb. — Vous allez filer... ou nous appelons les agents.

L'actionnaire. — Les agents!... C'est vous qu'on fera arrêter.

Vermères. — Nous!

L^ACTiONSAiRE. — Vous ètcs dcs escrocs ou des imbéciles.

IvLOBB, appelant. — Léon ! Léon !

L'actionnaire. — Vous n'avez rien fait pour enrayer la baisse.

Vermères. — Mais quoi?... quand une coalition....

L'actionnaire. — On la combat!

Vernières. — Comment?

L'actionnaire. — Il y a des moyens.

Les autres. — Ah ! Il y a des moyens ?

Vernières. — Non, ce n'est pas vrai !

Klobb. — Ne l'écoutez pas!

L'actionnaire. — Si.... Quand les spéculateurs attaquent une valeur à la Bourse, le devoir des administrateurs est de la soutenir.... Oui... vous auriez dû faire ce qui se fait partout, toujours, en pareil cas.... Vous

ne comprenez pas ! Vous ne savez donc pas votre métier? Pourquoi touchez-vous des appointements, alors? Pour vous croiser les bras, pour laisser tomber à cinq cent? francs des titres qui en valaient quinze cents.

ToDs. — Cinq cents francs !

Vermères. — Ils ne sont pas à cinq cents francs I

L'actioinnaire. — Si... je viens de la Bourse... œ soir, ils ne vaudront plus rien !

Vernières, sortant à gauche. — Cinq cents francs, œ n'est pas possible 1... On téléphone... vous allez voir.. .

(L'actionnaire le suit. Des femmes tombent assises, brisées d'émotion)

Léon, ne pouvant plus se contenir. — Ils ne valent que cinq cents francs?

Les hommes qui viennent d'entrer. — Qu'a-t-il? Il est malade?

Léon. — Je gagne cent mille francs I Piichel Je suis riche !

La. petite dame, allant à lui vivement. — Il gagne Cent mille francs!

Klobb. — il jouait à la baisse.

Les hommes. — Contre nous!

Klobb. — Coquin! je m'en doutais! (Il veut s'élancer sur

lui. On le retient.)

Le petite dame, à Léon. — Monsieur, ne restez pas là. Klobb. — Il nous volait!

La petite dame, entraînant Léon. — Venez monsieur, venez vite!

Klobb se dégageant le poursuit et sort avec lui.

Klobb. — Attends! misérable!

Des hommes. — Allons voir à la Bourse!

Quelques personnes sortent.

Le commerçam, furieux. — Cinq cents francs! C'est la faillite! Obligé de déposer mon bilan.

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