ACTE QUATRIEME
Ghavard. — Mon bui^eau est par là.... Désirez-vous?
Bria.NNE. — Oui. (Il passe. Il s'arrête au moment de sortir.)
Vous n'avez pas reçu une visite?
ChxVvard. — Une visite?
BRiAiNNE. — On prétend que des plaintes auraient été déposées contre nous, par des actionnaires.... Alors, je craignais....
CiiAVARD. — Ah ! Broquier, le Commissaire aux délégations judiciaires ?
BrianiNe. — Il n'est pas venu?
Ghavard, simplement. — Pas encore.
Briainne, sortant. — Des gens de notre monde! Dans une position si délicate !
Pause.
Ghavard, à Vigoureux. — Eh bien, ce dossier?
Vigoureux. — Je ne le trouve pas.
Ghavard. — Voyez donc aux archives.
Vigoureux sort. Ghavard se remet au travail. La porte s'ouvre et Madame Yernicres entre. Elle est très émue.
Madame Verinières. — Monsieur Ghavard?
Ghavard. — G'est moi, madame.
Madame VeriMèrës. — Je viens de vous téléphoner.
Ghavard. — Ah ! Madame Verni ères.
Madame Vermkres. — Où est mon mari?
Ghavard. — 11 va revenir.
Madame Vernières. — Vous l'avez vu? Vous lui avez parlé?
Ghavard. — Oui, madame.
Madame Vernières, avec im soupir de joie. — Ah! Mais, c'est bien vrai, n'est-ce pas, monsieur, il reviendra? Il ne vous a rien dit qui puisse vous laisser supposer... qu'il ait... une autre intention?... Il ne vous a pas paru plus préoccupé, plus troublé?
Ghavard. — Je n'ai pas remarqué. Qu'est-ce qui peut vous alarmer ainsi, madame?... A uriez-vous une raison?
Madame Verrières. — Non. Je ne sais rien. C'est pourquoi je crains tout. Hier à midi, il a embrassé les enfants, il est parti, je ne l'ai plus revu.
Chavard. — M. Yernières a dû passer la nuit à la Compagnie. Je l'ai trouvé ici ce matin, au milieu de ces livres, relevant des comptes. 11 venait de sortir quand vous l'avez fait demander au téléphone. Peut-être est-il allé déjeuner dans les environs.
Madame Vermères. — Enfin, qu'est-ce qui se passe? La Nouvelle-Afrique ne 'sera pas mise en faillite, demain? Les administrateurs ne peuvent pas être inquiétés?
Chavard. — Hé ! mon Dieu, madame, que vous diraisje?... Évidemment.... Si l'on n'avait pas commis d'imprudences... je veux dire.... Vous savez.... Parfois on se iette tête baissée dans la lutte.... On veut être victorieux à tout prix. Les administrateurs cèdent souvent à un entraînement irrésistible. Mais, c'est une simple supposition. Je ne sais rien de précis....
Madame Yer.mères. — Si.... Vous devez savoir quelque chose.... Qu'a-t-on fait? Ils n'ont pas compromis mon mari ?... J'ai reçu hier des lettres anonymes, injurieuses, menaçantes... où l'on parle... de... restitutions... de dommaoes-intérêts... de condamnation. Mon mari n'a rien à craindre ?
Chavard. — Madame, vous mo posez des questions auxquelles je ne peux pas répondre.... Je ne pense pas qu'il y ait de danger immédiat pour aucun de ces messieurs. Presque toujours on parvient à se soustraire aux responsabilités de toute nature... et....
On entend un bruit de pas. Il rcmonle, ouvre la porte. Yernières entre.