‹ Théâtre (volume 2)Chapitre 49 sur 170 · Tome F · texte numérisé non relu

Tome F

98 LES VENTRES DOIiES.

t'explique tout ce qui s'est passé, comment j'ai été entraîné, comment

Madame Verrières. — Pour qui... cette lettre?

Verrières. — Pour Georges, plus tard.

Madame Vernières. — Ce que tu as écrit, tu ne pourrais le lui dire? Tu veux donc... partir?... Fuir?

(Elle le regarde dans les yeux. 11 détourne la tète. Elle comprend.)

Ah ! non ! Tu ne feras pas ça ! Je ne le veux pas ! Je te le défends. Ne nie pas. Je la devine, l'abominable idée qui s'est glissée en toi.

Vermères. — Oui, pendant un moment je Tai eue. Cette nuit, en quittant de Thau, j'ai compris que tout était consommé, que nous allions à la faillite et que nous serions poursuivis.,.. Je me suis trouvé seul, dans les rues désertes, hostiles, marchant à l'aventure comme un homme ivre.... Ah! si ce cœur avait pu se briser.... Je suis entré je ne sais où... dans un petit café ouvert.,, je t'ai écrit... et puis?... je suis reparti.... J'ai recommencé cette promenade dans le noir... décidé à en finir avant que le jour paraisse.... Et puis j'ai pensé à toi... à eux.... Et je me suis dit aussi que cette mort honteuse et lâche n'effaçait pas mes fautes, que tant qu'elles ne seraient pas réparées, une tache resterait sur mon nom, et que j'avais un devoir à remplir avant tout. Jeanne, écoute-moi. Je voulais t'avertir. Ma résolution, tu dois la connaître. Aie du courage... nous devons rendre à nos actionnaires et â nos obligataires les sommes que nous leur avons fait perdre. Les tribunaux nous condamneraient à les restituer. Je ne veux pas attendre ce jugement. Je ne veux pas surtout laisser aux autres le temps de mettre leurs biens à l'abri et d'échapper ainsi aux responsabilités (montrant le coffre-fort.) J'ai les moyens de les contraindre à faire cette restitu-

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