ACTE PREMIER
iMadame Ver>ièrî£s. — Loquel?
Madame Brianne. — La favorite!
Madame K'lorb. — Et encore !
Madame Brianne. — Comment?
Madame Klobb, d'un air entendu. — Ah î Ah !
Madame Briakne. — Vous m'intriguez. Il y a ici une personne qui aurait le droit de se montrer jalouse des amabilités de M. de Thau?
Madame Klobb. — Allons... ne cherchez pas.... Madame d'Urth !
Madame Bria>ne. — Madame d'Urth! Elle a été...?
Madame Yernières. — Et je crois qu'elle est encore....
Madame Brianine. — Madame d'Urth !
Madame Vermères. — Vous ne connaissez donc pas l'anecdote du cercle qui a couru tout Paris il y a deux ans?
Madame Brianne. — Non.
Madame Verîsières. — Oh 1 que je vous conte ça, ma chère. Voici : la scène est à Bruxelles, au cercle. On parlait de la belle madame d'Urth qu'on disait une femme impeccable, d'une vertu sans tache. Le baron soutenait, en riant, qu'il n'y a I?onneste dame, si farouche soit-elle, qui ne puisse être apprivoisée. Mais comme on le plaisantait un peu sur sa fatuité, piqué, M. de Thau s'engageait à mander madame d'Uitli à Bruxelles, à la montrer en public, à ses côtés. On le prend au mot, on parie. Deux jours après,- il exhibait la personne dans une loge, à la Monnaie.
Madame Klobb. — Elle était donc folie de lui?
Madame Vernières. — Peut-être. Et il lui avait envoyé un chèque de trois cent mille.
GousiX, paraissant au fond avec )Iine de Lude. — Madame
Vernières..., Mesdames, on vous réclame.
10 LES VENTRES DORKS.
Madame Vermères. — Qui ?
CocsiN. — Brianne.... Un conseil pour la décoration (le la scène.
Madame de Lude. — Venez donc... On danse.
Les dames se lèvent. Entrent Yernières et Robert Yernières. Vernif-res a une cinquantaine d'années; son frère est plus jeune.
Yernières, à Mme Yernières. — Jeanne, tu demandais la inarc[uise de Sesselot?
Madame Yernières, se levant, — Elle est là ?
Yernières. — Elle te cherche.
Madame Yermères. — Elle est dans le parc?
Yernières. — Oui.
Madame Yernières. — Je vais la voir.
Les femmes sortent. Les deux hommes restent en scène.
Yernières. — Tiens, puisque la place est libre, asseyons-nous ici. C'est le seul endroit où nous puissions causer tranquillement cinq mi.mtes, à moins que tu ne préfères venir déjeuner demain à la maison. Tu verrais ta niice et ton neveu.
Robert. — Je dois rentrer à Lille. On m'attend à la Banque.
Yernières. — Alors, mon bon Robert, puisque tu as une question à me poser....
Il s'pssied. Robert s'assied aussi.
Robert. — Yoici. Fourchot, l'entrepreneur que vous avez chargé de creuser le port d'El Goêla en Mauritanie, ne pouvant immobiliser la grosse somme nécessaire à l'achat du matériel, me demande de la lui avancer. Il me réglerait en traites sur votre Compagnie.
Yernières. — Fourchot est un entrepreneur sérieux. Ses travaux seront fai!s avec soin. Nous le payerons recta.
Robert. — Je peux donc m'engager avec lui?